Le soleil n’est pas encore levé que nous devons sortir du lit ! En effet, aujourd’hui nous prenons la direction de Belém ! Pour cela nous nous devons embarquer sur le « Ana Beatriz III », un ferry avec une capacité de 730 personnes et d’environ une vingtaine de carros (c’est ainsi que l’on dit voiture en portugais).a

La veille ni avions décidé de nous lever III iizvers 05h afin de d’avoir le temps de petit-déjeuner et de prendre une nouvelle douche froide ! Car il a encore fait chaud dans l’habitacle pendant la nuit…

Deux cafés et un Nesquik plus tard, nous voilà partis en direction du port de Santana à une vingtaine de minutes de où nous dormions !Sur la route, nous croisons les brésiliens, dans leur quotidien, qui filent au travail ou qui déambulent dans les rues en tenue de sport pour une marche ou un footing…

Recanto do Mammae où nous avons passé la nuit
06h00 : l’heure du départ a sonné !

Les abords du port sont une vraie fourmilière… avec de la marchandise qui bloque les rues à elle seule ! On voit de nombreux sacs d’une trentaine de kilos d’haricots secs rouges circuler sur des espèces de brouettes comme je pouvais en voir chez mon grand-père pour transporter le foin !

Nous avons rendez-vous devant l’agence à qui nous avons acheté nos billets pour la traversée… Le système est plutôt bien huilé : après avoir réussi à nous frayer un passage, nous sommes accueillis par un agent du port qui vérifie nos papiers et réclame qu’on lui paye la taxe portuaire de 50R (raison : c’est un port privé) que « bien sûr » Marine a essayé de négocier à 30R ! Elle est aussi tenace qu’un piranha… et encore celui-ci passerait pour un poisson rouge à côté d’elle !

En pleine négociation (échouée) de la taxe portuaire

Tout est en règle : on nous ouvre le portail qui nous donne accès directement au ferry. Nous sommes le premier véhicule à accéder au pont du bateau. Celui-ci est à peine déchargé d’ailleurs ! Ils sont en train d’enlever tout un tas de bordel devant nous pour que nous puissions nous garer ! Quelques petites manœuvres et nous sommes bien installés… 15 véhicules nous succéderont ! Les voitures sont attachées par un système de cordes et de nœuds marins (pour les puristes, je ne saurais vous citer le nom) en passant par des boucles en fer soudées à la cale.

« Avancez vous allez voir le bateau… » bah y’en a trois !
On veut bien avancer mais vers où ?
Ok… c’est bien différent des ferries déjà pris !
C’est parti pour des manœuvres…
… beaucoup de manœuvres !
Le port de Santana où ça grouille !
Les crochets pour hamacs
L’eau n’engage pas à la baignade !

Installés sur nos chaises de camping auprès du camion en mode « chiens de garde » nous observons les matelots organiser tranquillement la traversée ! N’Lou aura un copain de voyage ! Un chowchow est installé dans une cage en bois près de nous, il prend la direction de Rio, apprenons-nous. Contrairement à nous qui voyageons avec notre véhicule et avons N’Lou en laisse à nos côtés, les trois autres chiens du bateau sont en cage pour permettre à leurs maîtres de monter sur le pont supérieur ensuite. Le maître a donné un pourboire de 30R à l’un des matelots pour nourrir le chien et lui donner à boire pendant la traversée. J’aurais bien fait le dog-sitter ! 😉

N’Lou et son petit pote de voyage
Un chowchow de 4 mois !
On a pas le son mais les alarmes des voitures se déclenchaient une par une
On peut considérer ça comme optimisé ?
Avec 1h20 de retard… on démarre !
Et on a un chien de garde surexcité devant…
Certains ont fait le pari de mettre des couches à leur chien
Nous on dort dans le camion mais les vrais dorment en hamac
Non non on n’est pas sur une terrasse de resto
Toilettes et douches : 2 en 1 !
L’ennui ça peut creuser… la mer aussi !
Picco le scudo !
Les véhicules sont rangés au millimètre !
Vue sur l’amazone !
On observe depuis notre campement de fortune
Une baffle spéciale dédicace Nelly !

Le rapport aux déchets et à l’écologie dans un sens plus large au Brésil (ainsi qu’en Guyane d’ailleurs) est assez lointain de ce que nous pouvons avoir en Europe où tous les jours nous ne cessons pas s’entendre / lire des choses dans les médias sur la lutte face à la gestion des déchets en tout genre.

Ici, les rues, les fossés, les routes sont couverts de déchets en plastique. Les locaux jettent tout et n’importe où sans aucun scrupule… Exemple encore ce matin lors du nettoyage du pont inférieur du bateau : les déchets amassés au sol ont été balayés, mis dans une pelle et hop jetés directement dans l’Amazone ! Je ne sais pas si un jour il y aura une prise de conscience comme on peut déjà avoir en Europe…

Toujours dans la lignée des déchets et de plastiques par le fait, nous avons vécu une pluie de sacs plastiques jetés par les passagers directement dans le fleuve. Ils étaient remplis de choses !!! Ces sacs étaient en réalité destinés directement à des habitants des îlots de l’Amazone qui venaient à notre en rencontre en pirogue ! C’était assez dingue a observer ! Le petit bateau de bois approchait à la rame et voilà deux trois sacs lancés à l’eau ! On imagine avec Marine qu’il s’agissait sans doute de vivres !

Il faut savoir aussi que la ligne Macapá-Belém est une ligne directe ! Non-stop pendant 24h. Cependant des voyageurs arrivent quand même à prendre le bateau en cours de route ! Leurs technique : se faire déposer le long du ferry par une pirogue qui a beaucoup de chevaux sous le moteur ! Le pilote accroche celle-ci au bateau pendant que les passagers font le transfert entre les deux. En 30 secondes la manœuvre est réalisée (enfants et/ou bagages avec) pour quelques reales ! Malins ces brésiliens !

On est régulièrement doublés par des petits bateaux plus puissants
Le trio infernal
On a beaucoup profité des paysages pendant la journée

Jets de vivres par dessus bord !
« Oh Marine regarde »
Remake de Titanic à la proue…
Remake de « the birds » à la poupe
Y’a même un bar et une salle de ciné !
Sur le pont supérieur c’est bières et dominos

L’heure du déjeuner approche… Partis le ventre vide ce matin, la faim nous guette ! Nous avions prévu des fruits et légumes pour le repas ! Je nous improvise une petite table sur une pile de glacières en polystyrène stockées près de nous et me voilà à découper un quart de pastèque juteuse en petits morceaux que l’on dégustera tranquillou au gré des vagues !

Loin d’avoir calmé complètement mon appétit, je me decide à partir en quête de pain à vendre sur le bateau ! Soudain, au détour d’une cuisine, j’aperçois des morceaux de pain appétissants, je demande donc à une serveuse « Pan ? Preço ? »… sous-entendu « tu la vends combien ta miche ? »… Elle se renseigne auprès de ses collègues pour enfin me dire que ce n’est pas à vendre car pour le menu du petit-déjeuner de demain. Elle me demande de patienter…

Elle part en cuisine et revient quelques seconde plus tard avec un morceau dans du papier qu’elle a piquée voler pour me l’offrir avec beaucoup de plaisir… enfin c’est ce que je comprends quand elle porte ma miche à son cœur ! Content de mon coup, je redescends narrer mon histoire à Marine et déguster un petit sandwich avocado !! 😁

Repas improvisé de pastèque
Damien tout fier de sa négociation
C’est parti pour la suite du repas
Sandwich avocado !

L’après-midi sera plutôt signe de détente-repos-ennui avec entre autres une partie de UNO remportée largement par Madame… j’ai encore quelques doutes sur les réelles règles de ce jeu ….😏 mais il semblerait que pour certain(e)s les scores soient importants n’est-ce pas Emmanuelle 🤪 ?!

C’est l’heure de l’apéro ! Même délire que l’histoire des pirogues et des passagers un peu plus haut, mais là ce sont des vendeurs de crevettes ou de noix de coco qui accostent le ferry. Des vrais pilotes… Ils descendent de leur engin avec la cam’, vendent leurs produits aux brésiliens qui ont déjà pas mal descendu de bières et repartent avec leur recette : du génie !!

Ce soir, on n’hésite pas à sortir le réchaud pour pour se faire nos premières pâtes sauce tomate de la saison ! Entre deux véhicules parqués dans la cale, Marine nous prépare un festin… simple mais efficace ! Cela nous redonne des forces et nous motive à faire des allers-retours entre une source d’eau potable et notre jerrican vide pour le remplir et rentabiliser au max notre billet !

Vendeur de crevettes
Vendeuse de noix de coco
Cuisine camion sur ferry !
Une petite sieste pour reprendre des forces
Un peu de lecture !
Et un bon repas pour encore plus de forces
Remplissage discretos du bidon d’eau !
« Eh Marine j’peux venir faire le commis » ?

La journée s’achève avec des tentatives de promenades de Loulou afin qu’il puisse enfin faire pipi… ça fait déjà 14h qu’il n’a pas fait ses besoins… ce qui a le don d’inquiéter Marine surtout avec la nuit qui approche ! Elle ira même jusqu’à mimer le bruit de l’urine pour lui donner envie …😏🤪🤣

Pendant que les 3/4 des voyageurs vont s’emmitoufler dans leur hamac, nous on va se pieuter dans notre camion sur l’eau cette fois-ci… La journée a été longue…

On progresse doucement mais sûrement !
Bonne nuit les petits !

See you soon !

2 Replies to “[2019-12-20] En bateau sur l’Amazone entre Macapá et Belém”

  1. Merci pour toutes ces nouvelles qui me
    Rassurent de votre bien être.bisous et prenez soin de vous

  2. Bien bien les navigateurs, je vois que vous vous en sortez plutôt pas mal avec la vie sur le bateau et les coutumes locales!!!!! Damien la faim va te pousser a parler la langue . Ici beaucoup de pluie et de vent , pas froid mais humide . Noel approche a grands pas . Portez vous bien et bon courage pour la suite du périple. Nous sommes avec vous par la pensée .Gros bisous a vous trois ……..

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