Après nos péripéties de la veille et le blocage à la frontière à cause des papiers du chien non traduits en portugais (🙄), nous avions mis le réveil à 05h10 ce matin pour être au taquet dès l’ouverture des bureaux en France et leur permettre également de prendre connaissance des documents communiqués la veille…

Le réveil a bien sonné… mais nous, nous étions probablement encore sonnés aussi d’une nuit chaude (mais moins que la précédente car sûrement un peu mieux organisés…) et la clémence du petit matin nous a fait du bien… Jusqu’au réveil en catastrophe à 06h10… « Oh merde » !

Ni une ni deux, je sors de la voiture, je réactive les datas du téléphone et j’appelle la France : la DDCSPP de Mayenne localisée à Laval. Ce même endroit où j’avais dû me rendre pour obtenir un certificat officiel pour le passage en Russie. Hier j’avais précomplété le document (trouvé sur Anivet voyage) avec les informations dont je disposais et j’avais fait scanner cela aux douaniers pour le communiquer en amont.

Je tombe sur la personne qui m’avait fait le certificat vétérinaire russe. Toujours aussi sympa, elle me confirme qu’elle m’a renvoyé tous les documents ce matin et qu’elle a pu compléter une donnée que j’avais oubliée. Au top ! Elle me demande de l’informer si cela est bien ok et nous permet de passer la frontière et de ne pas hésiter si besoin a la recontacter car elle est au bureau et qu’elle traite notre cas en priorité ! C’est tellement appréciable tant de gentillesse dans un cas comme celui-ci.

Hier au poste de frontière, un dame nous a aidé à traduire avec le douanier le franco-portugais et alors qu’il serait éloigné (on s’est fait confisqué notre noix de coco), je lui ai demandé si elle pensait qu’avec mes larmes ça pouvait passer… elle a rigolé mais non !

A 06h15 nous avons donc notre lueur d’espoir pour le passage au Brésil. A présent, on range le camion, Damien se fait un café mais moi je n’ai pas de lait pour mon Nesquik. Je m’affaire donc à nouveau avec Killian qui traite mes e-mails à distance pour communiquer le document au douanier français qui nous a aidé hier afin qu’il l’imprime à sa prise de poste : 08h !

Vers 07h30, trois camions arrivent et nous encerclent… ce n’est que l’équipe technique de la ville de Saint George qui vient débrousailler notre « aire de repos ». On range donc notre campement manouchland (ou vanlife je devrais dire) car on avait sorti oreillers, drap housse, housse de couette et alèse pour tout aérer… oui la nuit on transpire 😓 ! Et on file se poser aux abords de la douane que l’on passera à 08h pile (ouverture). On explique la situation et on nous laisse passer sans problème.

Notre campement au petit matin
Gestion des formalités avec Killian

Je frappe à la porte des douanes (qui normalement n’est pas accessible au public) et c’est un douanier que je ne connais pas qui m’ouvre. J’explique la situation à nouveau et il me dit que son collègue n’arrive normalement qu’à 09h. Shit ! Il me propose de l’appeler et en absence de réponse me demande de lui transférer le document pour nous l’imprimer. C’est chose faite quelques minutes plus tard. À 08h32, on retente le passage. La douane française nous souhaite « bonne chance » !

Côté brésilien ce sont des nouveaux douaniers. Damien gère les papiers du chien pendant qu’un mec m’explique des trucs en franco-portugais. Je vois que Damien récupère les papiers de N’Lou, ça c’est ok. On nous demande de nous garer plus loin et de revenir faire les papiers de la voiture. Je pars devant mais il faut que Damien vienne aussi. Il garde N’Lou pendant que je fais la queue. Un monsieur m’explique : comptoir 1 on fait tamponner les passeports et comptoir 2 on fait le papier pour la voiture après seulement.

Douanes brésiliennes

Après 45 minutes d’attente (la nana devant moi ayant expiré son visa avant de quitter le territoire : procédure longue), c’est enfin à moi. J’explique à la personne suivante dans la queue que mon « marido » (comme elle dira) attend dehors histoire que Damien n’ait pas à se refaire toute la queue. La dame est très gentille et m’aidera à traduire au policier. Il me demande combien de jours de visa on veut. Avec N’Lou d’après les premiers douaniers c’est 2 mois max alors je demande 60 jours. Hop il prend carte grise et passeport, me tamponne le mien en 3 minutes et je sors garder N’Lou. Idem pour Damien. Ça c’est fait !

On enchaîne… je retourne au comptoir 2 et on me dit de rentrer déposer les papiers. Shit. Il manque un formulaire internet. La dame m’écrit en portugais sur un papier et comme c’est très proche de l’espagnol je comprends « aider à faire le TECAT sur internet ». Et je dois donc me rendre au poste de contrôle initial pour cela. Là encore on a beaucoup de chance, un monsieur adorable m’emmène dans un bureau et réalise le document avec moi (sur www.edbv.receita.fazenda.gov.br). On y déclare l’entrée d’un véhicule pour 2 mois comme nos visas. Et on atteste ne transporter aucune arme, grosse somme d’argent, etc.

Hop, on prend une photo du numéro de déclaration et je repars au comptoir 2. Je dépose les papiers à une dame. Bon y’a 4 bureaux et ils n’ont qu’un seul stylo 🙄… je la dépanne donc de mon BIC 4 couleurs (merci les collègues 😛) et après quelques minutes ils appellent « Marina ». Je signe deux documents et j’en embarque un : tout est bon ! C’est sans compter sur le douanier d’hier qui nous demande à nouveau les documents de N’Lou. Ouf c’est bon aussi. On file !

10h02 : un message de merci à la DDCSPP, aux douanes et un petit message aux proches avant de prendre la route ! On sait qu’une grosse journée nous attend jusque Macapa où nous devons arriver ce soir. Environ 10h de route sur la fameuse BR156 qui comporte notamment 110 km de piste en terre rouge. Les avis sont mitigés sur le fait de la traverser : « Vous avez 4 roues motrices ? » « ça passe » « hier les bus c’était ok » « c’était pire avant » « avec toutes la pluie qui est tombée ces derniers jours… roulez dans les traces mais prévoyez un câble de remorquage »… Ok !

Allez on se lance ! Après une cinquantaine de kilomètres en partie sous la pluie, on rentre dans le vif du sujet : la piste rouge et cabossée avec des crevasses et des mares d’eau ! On y roule entre 20 et 30 km/h sur la majorité des tronçons. On s’arrêtera pour un changement de conducteur et l’on sera très vigilants. On passe régulièrement des ponts en bois et l’on aura quelques passages très boueux mais rien comparé à ce que l’on avait pu voir sur internet avec des camions et voitures complètement enlisés jusque parfois la moitié du tracteur (sur la tête de camion)…

Pas de grosses frayeurs et finalement après 03h48 on en vient à bout de ces 108 km tant redoutés ! On peut alors poursuivre la route plus sereinement et attaquer la portion de 415 km qui nous sépare de Macapa sur la côte est brésilienne ! A noter que N’Lou est un amour, il a hérité de la place passager tandis que nous alternons pour notre part entre côté conducteur et passager du milieu, comme cela il a de l’air et il observe le paysage !

Eh bien on a de quoi faire…
Après la frontière la route est bonne…
Encore pas mal de kilomètres avant Macapa
Ça pousse dans l’eau !
On a la forme tous les trois !
Allez… on rentre dans le vif du sujet !
Allons nous passer ce pont ?
C’est bon ! C’était solide !
Picco a pris des couleurs sur la BR156
Malgré les cabossés on a la pêche !
Un bus scolaire…
Une citerne d’essence !
Il a l’air serein ou pas ?
Le trio gagnant…
Voilà où nous en sommes !
Nous sommes sur la fameuse BR156 !
Allez on a encore du chemin à parcourir
On avance à vitesse des chevaux sauvages…
Bon y’a encore de la route jusqu’à Rio !
Ce pont là est balése à traverser !
Allez Darling, ça passe !
Là il faisait encore beau…
Mais après ça s’est gâté !

Arrivés de nouveau sur la « belle route », on a comme l’impression de voler tellement ça devient facile de conduire et sans aucune secousse… on s’arrêtera plus tard après avoir roulé encore pour manger un morceau et se remplir enfin l’estomac. Damien apprécie à ce moment là que j’aie un peu poussé pour faire un drive et partir avec quelques conserves avant que le camion ne quitte la France… Bon c’est pas de la grande cuisine mais on fait avec ce que l’on a : flageolets / champignons. On appréciera énormément de manger un morceau. Puis on remplit la douche solaire et l’on repart au moment où pas de bol, alors qu’on s’était posés sur le bord de la rouge à l’entrée d’un chemin en terre, lune des rares voitures passant par là voulait rentrer sur ledit chemin !

Pause pipi pour les mecs de la bande !
Bon celui-ci va avoir besoin d’un bon lavage !
Repas de l’aprem en préparation !

Avant la tombée de la nuit, on se mettra encore une fois sur un bord de route après un petit village pour prendre une bonne douche cette fois ! Hop hop savon dans les mains, un peu d’eau, on se lave et on rince ! Rapide mais efficace, on se sent propre et on sent bon ! Damien aura la chance de prendre sa douche au moment où marcheur et coureur passeront ! Pour moi c’était plus calme…

On reprendra la route ! Ah et oui… j’allais oublier dans l’après-midi un drôle d’animal à traversé la route devant nous. Une sorte de gros rat à carapace. Nous connaissons cet animal mais impossible de remettre un nom dessus alors si vous voyez ce que c’est… n’hésitez pas ! Et sinon, pas de panique mais aucun réseau sur les routes en dehors des agglomérations… alors même si on écrit nos journées, ce ne sera pas forcément évident de partager nos récits !

On s’arrête vers 19h50 sur une station service de Porto Grande qui s’avère bien desservie, éclairée et avec un magasin 24/24 ! On s’achètera un paquet de chips, des cookies, une boisson et un friand à la viande pour quelques reales (monnaie brésilienne) ! On profite aussi du wifi et on squattera la terrasse pendant deux grosses heures pour mettre à jour le blog et donner quelques news !

Par moment des gros dos d’âne non annoncés !
Terrain de foot les pieds dans l’eau !
N’Lou s’est trouvé un repose-tête qu’il affectionne…
Santé ! A la BR156 passée avec succès !

Allez ensuite direction Macapa pour prendre le bac et traverser le bras de l’amazone direction Belem !

Sur ce, boa noite !

PS : on a retrouvé le nom de la bête qui a traversé la route… C’était un tatou !

9 Replies to “[2019-12-18] De Saint Georges d’Oyapock à Porto Grande”

  1. « …alors qu’on s’était posés sur le bord de la *rouge* à l’entrée d’un chemin en terre… »
    Rouge : (argot 🇧🇷) route en terre chargée de bauxite colorée d’où elle tire son nom. Typique des pistes brésiliennes 🤪

  2. Je pense que le van n’a pas finit d’être sale, tout comme n’lou donc pas de lavage superflu du moins pour le van !!! Pour le chien 🐶 il le faudra pour l’odeur dans la chambre à coucher 😂😂😂 bisous à vous et bon courage pour la suite ❤️❤️❤️❤️❤️

  3. Merci pour toutes ces nouvelles, bonne route et soyez vigilants ,et par l’intermédiaire de la technologie nous avons la chance de savoir si tout va bien merci beaucoup bisous bisous 😘

  4. Bah du coup on a pas eu l’histoire de la branlee au milles bornes 🤪🤣😂

  5. Bah pas besoin du jeu. De toute façon vous allez en faire pleins de  » mille bornes » !!!!

  6. Je n’ai pas eu cet article, ne sais pas pourquoi? Je l’ai lu sur le site de JP d’où je répond. Bon, la route devient un peu difficile je vois. Sans nouvelles de vous depuis, nous supposons que tout va bien et que seul internet en est l’auteur. Dès que vous pouvez, nous attendons avec impatience la suite de vos aventures. Gros bisous de nous deux à vous trois (non, deux bisous et une caresse)
    Mireille (il a préféré que je signe mais moi je sais bien que vous avez compris que c’est moi : NA!)

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