Cette nuit nous nous sommes bien reposés sur l’aire de la station service et c’est à peine si nous avons entendu les camions qui nous entouraient partir ce matin… Après une fausse alerte à 00h50 car Damien avait envie d’aller aux toilettes (et c’est moi qui dort près de la porte…), c’est finalement vers 07h30 que nous sortirons de notre sommeil.

La nuit a été correcte… Ou alors notre corps s’y est fait… nous commençons à mieux supporter la chaleur. En réalité, nous avons compris qu’il fallait simplement s’allonger et surtout ne plus bouger. Le moindre mouvement pouvant nous être fatal… Car cela fait vite transpirer ! Quant à Loulou, il continue d’haleter pendant la nuit… Avec sa fourrure de lion pas facile facile ces températures !

Nous irons tenter un petit-déjeuner rapidement à la station-service. Damien s’essayera au café brésilien mais celui-ci est trop sucré… Il en demande un second sans sucre qui lui est offert. Idem pour le troisième, on est pas sûrs de comprendre le fonctionnement du café mais en tout cas il va être au taquet toute la journée ! Pour ma part je tourne aux bananes…

Ce sera aussi l’occasion pour nous de profiter des commodités de l’aire de repos et de comprendre qu’ici (a priori) on ne jette pas le papier dans les toilettes mais dans une poubelle posée à côté… malheureusement nos réflexes prennent parfois le dessus…

Les règles des toilettes…
Camion long de 26m, mieux vaut le savoir avant de doubler !
Des espèces de gros dindons sauvages…
On se demandait ce qu’étaient tous ces oiseaux : une décharge !
Bienvenue à Santana !
Partout, des motos taxis pour circuler en ville

Nous reprendrons la route autour de 09h00 pour rejoindre la ville de Macapa et même plus précisément la ville de Santana (zone portuaire). Notre but de la journée est d’acheter des billets pour traverser le bras de l’Amazone en direction de Belem plus au sud où se poursuivra notre voyage routier. Nous nous aventurerons donc en direction du port où soudain des hommes nous font signe de les suivre en criant « Navil Belem »… Ils ont bien capté notre intention et nous guident afin de réserver les billets qu’il nous faut (tant pour la voiture que pour deux personnes).

On s’organise : Damien garde le camion et pendant ce temps je vais voir dans une première boutique avec le chien (j’aime autant montrer qu’il est présent). Le tarif qui nous est annoncé est de 190 Reales / personne (environ 42€ avec le taux de change actuel c’est à dire 1€ = 4,5 Reales) et 900 Reales / voiture (soit environ 200€).

On communique alors essentiellement en portugo-espagnol et également par écrit pour les chiffres et l’on se comprend. Damien et moi nous étions un peu renseignés sur internet au préalable et notamment sur le blog d’un couple qui avait réalisé cette traversée (www.floetyo.com). C’était il y a un peu longtemps mais ça les mecs de l’agence ne le savent pas…

Je leur explique que « nos amis » ont voyagé il y a deux mois (je joue bien du pipeau hein) pour 130R par personne et 600R pour leur van.

👤 Agence : « Ah ouais mais ça c’était les anciens tarifs vous voyez »…

👩🏻 Marine : « Euh non je ne vois pas (Marine la reloue). Bah je vais aller voir vos copains les autres agences alors…

Ah… du coup on passe sur un tarif de 700R la voiture ! Bon on a déjà gagné 200R soit environ 45€… Mon credo : qui ne tente rien n’a rien ! Finalement ils me disent de les suivre et là j’ai l’impression qu’on m’emmène devant « le parrain » ! En effet, c’est LE MEC qui gère TOUTES les réservations de TOUTES les agences. Il ne lui manque que le cigare sinon il a le look qui va nickel au personnage (jusqu’à ce qu’il se lève plus tard et que je vois son short 🤣) !

Pour communiquer avec lui (on est quand même monté sur un niveau de négociation supérieur là), je lui demande son téléphone et je tape « Google translate » pour que ce soit plus facile. Et là d’entrée de jeu, je lui mets la pression : il est impressionné de voir la vitesse à laquelle j’écris sur son téléphone… Faut dire que lui ce n’est pas une flèche par contre 🤪 !

Après âpres négociations, je réussirai à négocier qu’on dorme dans le camion (une histoire de problème de dos que je lui ai contée afin qu’on n’ait pas à s’acheter de hamacs pour la traversée) et j’obtiendrai un discount de 380 à 360 Reales pour nous deux… Bon, ok c’est pas énorme mais au moins j’ai eu le dernier mot… ça me rappelle la négociation des frais dans mon ancien job 😅 !

On aura gratté un total de 220 Reales au final c’est toujours ça de pris ! Je tape sur la table je dis « Vale » (c’est de l’espagnol mais ça s’y prêtait bien), on se serre la main et je dis que je vais retirer de l’argent à présent pour le payer. De son côté je m’assure qu’il me garde bien une place sur le bateau. Je demande où est la banque la plus proche et si je peux y aller à pied, mais il me disent que non. J’explique que je vais conduire la voiture et que je reviens.

Alors là, je ne m’attendais pas du tout à cela : on me dit que le « parrain » va m’emmener à la banque en moto ! Euh… Non non je peux conduire. Et là j’ai le casque dans la main et la moto ronronne déjà… Je lui fais bien comprendre que c’est gratis (Marine la rapia) que je ne paye pas pour la moto… Faut s’attendre à tout ici ! Mais sinon, t’inquiètes mamie c’était rock’n’roll mais cool ! En short et en tongs, me voilà à remonter les rues de Macapa en passagère de la Honda. Bah heureusement que je suis motarde et casse-cou… parce que bonjour la conduite, ça en aurait effrayé plus d’un !

Il me dépose devant deux banques : je tente la plus grosse « Banco do Brazil » mais premier essai KO. La machine me demande un code à 6 chiffres… Euh en France on a des codes secrets à seulement 4 chiffres… bref après deux transactions ratées, je rentre dans la boutique voisine qui possède des distributeurs. Ça fonctionne cette fois mais avec des frais fixes de 24R (5,30€) par retrait et ce dernier est plafonné à 1000R. Les malins et relous… il m’en faut 1060 ! Mais c’est bien écrit que si on veut plus d’argent, il faut faire plusieurs retraits !

Je ressors et peu de temps après on repart vers le port où je fais signe à Damien que tout va bien et que je suis de retour. Je vais alors payer et j’obtiens les titres de transport pour le lendemain… De vulgaires morceaux de papier… Ce sera un départ à 08h du port de Santana. Détail bête : j’ai oublié de demander quand on arrivait à Belem ! On a lu sur internet qu’il fallait compter entre 24h et 36h de traversée en direction de Belem ! On verra bien et on arrivera quand on arrivera…

Mais dans tout ça, ce ne serait pas drôle de ne pas avoir la vision de Damien… Après tout lui a tout observé de l’extérieur… Alors bonus du jour à double rédacteur :

« Pendant que Marine s’affairait à son activité préférée « la négociation », j’ai joué le rôle de responsable de la sécurité d’abord de Picco puis ensuite de N’Lou et Picco… Je vous avouerai que j’ai du prendre mon mal en patience ! Et la situation n’a pas été super confortable. Je vous explique : nous nous gardons en épi devant l’agence et ses rabatteurs qui nous interpellaient pour négocier notre traversée.

Marine a pris les choses en main et ce sera sans doute son rôle durant tout le voyage. Elle a cette capacité à ne pas avoir peur de la barrière de la langue et n’a surtout pas froid au yeux pour négocier le moindre real. Et oui, les touristes malgré tout, sont des billets sur pattes… et nous voulons profiter au maximum de cette année de voyage et ne pas se faire « voler » à la moindre « attraction » !

La voilà donc partie dans un premier bureau avec le chien pour voir ce que nous propose l’agence. Elle est partie je ne sais où mais plutôt rassurer quelle soit avec le chien ! Elle l’a surtout pris avec elle pour montrer que nous voyageons avec lui, mais aussi peut-être pour les intimider (les brésiliens en ont beaucoup peur). Cela dure environ 20 minutes.

Elle ressort et me dit qu’elle part pour une autre agence pour tenter de négocier le prix plus bas. Nous avions une idée de combien cela pouvait nous coûter grâce aux infos trouvées sur internet.

Elle repart donc dans l’agence voisine ! Je la vois disparaître… le temps était long ! J’étais entouré de rabatteurs qui essayaient de me parler en portugais sans que je ne pipe un mot !!

C’est à ce moment que je me suis souvenu du film « Taken » où un agent part à la recherche de sa fille qui a fini dans une affaire de prostitution dans les pays de l’est… allez Damien enlève-toi ces images de la tête !

Ah la voilà enfin !! « Garde N’Lou, file-moi ma carte, je te laisse mon portable, je pars en ville en moto retirer de l’argent !« … Elle est sérieuse là ?! On a pourtant un camion qui roule très bien !Je n’ai même pas eu le temps de lui parler de ça qu’elle courait déjà casque à la main rejoindre sa moto taxi !

« Méfie-toi mec, la connaissant, elle ne paiera pas la course pour aller jusqu’à une banque ! » pensais-je… J’essaie de me relaxer en me posant à l’ombre avec le N’Lou et en observant l’ambiance portuaire brésilienne : les rabatteurs font leur « job » et à vrai dire, je les trouve moins coriaces que ceux du Sri Lanka que j’ai côtoyés, il y a tout juste un an !

Quelques photos souvenirs de l’endroit et j’aperçois enfin Marine revenir sur sa moto en train serrer à bras le corps son taximan ! Soit elle a eu sa dose d’adrénaline avec son tour de moto ou bien elle est simplement tombée amoureuse de son beau motard ! 😜

Les billets sont finalement négociés dans les prix que l’on imaginait ! Demain nous filerons à Belem vers 8h du matin ! »

Des feux tricolores à décompte…
L’ambiance aux abords du port
Bric à brac en attendant les clients
Damien profite de l’ambiance pendant que Marine négocie
La grille : l’entrée du port de Santana

Après cela il est déjà 12h30 et on a les crocs grave. La négociation ça creuse ! On rejoint la ville de Macapa à 20 kms de là avec l’idée en tête de se trouver un petit resto en bord de mer où l’on pourra manger à la brésilienne : c’est à dire au kilo en payant ce que l’on a réellement consommé !

Et nous trouvons notre bonheur… dans un premier temps on se gare à proximité de plusieurs restaurants en bois et un mec arrive pour nous faire comprendre en langage des signes qu’il va garder la voiture. Je demande « preço » plusieurs fois et il finit par dire « 5R ». C’est sûrement énorme pour lui et 1€ pas déconnant pour faire garder notre maison sur roues ! D’autant plus qu’on la retrouvera nickel chrome car il l’a complètement lavée de l’extérieur… À priori c’est un truc du coin… vu l’état après la BR156, ça tombait à pic !

On part donc sereins et l’on dégotte très rapidement un petit restaurant comme on le voulait « 10R les 350g »… Va savoir combien tu mets dans ton assiette mais l’on tente et on se fait plaisir avec deux belles assiettes bien remplies de produits frais. On essaie de faire attention avec les fruits / légumes lavés à l’eau du robinet qui n’est sûrement pas top pour nos petits estomacs… mais la verdure nous donne tellement envie !

Au final, avec une bière, une bouteille d’eau plate et nos deux assiettes on s’en tirera à environ 10€. C’était notre gros repas du jour et un régal ! N’Lou a pu aussi tester quelques petits bouts de viande pour lui redonner des forces. Les gens sont étonnés de voir un chien. En effet, tout comme en Guyane, le chien ici n’est pas quelque chose de commun. C’est plutôt un gardien qu’un compagnon. On n’en verra aucun « en laisse » dans la rue, par contre nombreux sont les chiens qui semblent errants ! Et tous ont le poil court… Pauvre Loulou et sa fourrure !

Nous ferons un petit tour en ville où on a vu une sorte de « Darty » local. Damien a besoin de s’acheter une carte mémoire pour son téléphone qui a la mémoire saturée dès qu’il a plus de 15 photos en mémoire… Pendant qu’il s’évertue à payer son achat, les gens sont trop souriants en voyant N’Lou et un vendeur va même me chercher de l’eau fraîche pour lui. Au top ! On se prendra une belle averse et l’on retournera à la voiture pour nous rapprocher du port.

Ceci est un motel : comprenez-y ce que vous voulez…
Restaurant : Churrascaria do Goiano
On y paye au poids de ce que l’on consomme…
C’était un vrai régal ! On a mangé comme des bœufs
En plus ils avaient le wifi (oui je louchais)
Drapeaux brésiliens : la fierté du pays

Grâce à l’application « iOverlander » cette fois, nous tenterons trois sites proposés pour nous poser cette nuit. Le premier : au bout d’une route en terre rouge est un lieu sécurisé pour garer les camions de marchandises. Pas pour nous. Le second est une station service a l’abandon. Non merci. Le troisième est chez l’habitant, on pourrait à priori se garer dans le jardin contre un billet. L’endroit est super beau. Je remonte l’allée à pied et je tombe sur la mama des lieux.

Je demande s’il est possible de dormir ici avec le camion, 2 personnes et un chien. Elle me demande si on veut une chambre, je dis non, qu’on peut dormir dans le camion. Elle me dit ok pour 70R (15,50€). Je tente « 50R ? » et elle me dit direct « ok no problem ». On a gagné 4,5€ ! Elle nous montre où on peut se garer à plat sur le terrain à proximité de l’électricité, des toilettes, douche et nous fait faire un tour de la propriété. Royal ! Y’a même une piscine et un grand coin pour manger dehors tout en étant abrité.

Ce matin on cherchait où dormir grâce à l’application « iOverlander »
Au final on a atterri dans le jardin d’une dame super sympa
Le lieu : Recanto da mammae

C’est parfait ! On repart donc faire quelques courses. Les fruits / légumes ce sera sur le bord de la route dans une bicoque où l’on aura 2 carottes, 1/4 pastèque, 2 énormes avocats, 1 mangue, 12 bananes pour 19R (soit 4,20€). On va s’en mettre plein la panse ! On s’arrêtera dans une mini supérette pour compléter avec 1L de lait, 2 bouteilles d’eau, 2 œufs, 2 petits paquets de BN, 1 paquet de chips… pour cette fois 15,25R (3,40€… tout ça pour vous donner une idée du coût de la vie ici).

On prend le temps de profiter de la piscine avec les enfants de la maison avec qui l’on se comprend par des éclaboussures. On échangera plus tard avec eux pour apprendre que la grande a 8 ans (super débrouille), le moyen 5 ans et la dernière 4 ans. Ils ont tous les trois des prénoms super composés, je ne me rappelle que de celui du petit gars « Victor Eduardo ».

C’est parti pour faire quelques courses !
Cette baraque à fruits était trop tentante pour ne pas s’y arrêter !
À nous les fruits plein de saveurs
Coucher de soleil sur le domaine

Puis après une bonne douche froide, on se posera pour dîner au milieu de la grande salle. On avait pas vu la cuisine, juste utilisé les frigos, et du coup on avait sorti notre petit réchaud camping gaz… Pour eux c’était du jamais vu. Du feu portatif ! Ils étaient intrigués par notre repas alors que je préparais une pâte à crêpes (on perd pas ses racines) et l’on profite de la présence de Rosie (une brésilienne ayant vécu 5 ans en France) pour traduire quelques échanges. On leur fait des crêpes et en échange, ils nous offrent une énorme assiette de leur plat local « Boiai » (un mélange de riz, haricots et viande) : un régal ! Cet échange fait chaud au cœur.

Et soudain, des tables sont installées alors que nous passons une bonne partie de la soirée à manger tout en discutant avec Rosie : elle nous explique qu’une célébration évangélique va avoir lieu. A priori ça ne dérange pas que l’on cuisine pendant ce temps, on est donc au milieu des chants de « Jesus » et « Deus »…

On se régale sur fond de messe évangélique

Et nous irons rapidement nous poser près du camion pour finir là journée tranquillement avant notre grosse traversée en bateau demain ! Sur ce, bonne nuit ! 😴

4 Replies to “[2019-12-19] Santana et Macapa”

  1. C’est l’aventure pour de vrai. Marine tu peux mettre tes talents de négociatrice à profit : bravo pour ça. Continuez à avoir du « punch », c’est super.
    Bisous trempés et froids.🥰🥰

  2. Bien plaisant toutes ces bonnes nouvelles,cela nous manquait. Bon et bien bon courage pour la suite et à très bientôt ❤️❤️❤️❤️Gros bisous à tous

  3. Tu me fais rire avec ta balade à moto. Mais c’ quand même risquer .enfin tu est revenue entière ?bisous bisous 😘

  4. Encore une sacrée journée pour la négociatrice de haut vol qui me rappelle que Taken a eu plus qu’une suite (prêt Damien ?😱)

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