[2019-12-16] Le retour à la vanlife et Kourou

Ce matin après une nuit sous des pluies diluviennes, nous avons été sortis du lit par le réveil à 06h du matin ! Et oui, enfin c’est le grand jour… À nous le camion (enfin on l’espère fortement à ce moment-là…) ! Valérie doit nous récupérer autour de 07h pour nous y conduire après avoir déposé Loane au lycée.

Nous voilà donc tous les trois dans la voiture et l’on arrive au port un peu avant l’ouverture. Par principe on attendra 07h32 et c’est Marine qui s’y collera pendant que Damien garde N’Lou. Valérie restera également avec nous pour les démarches, son impératif étant de récupérer Loane pour 11h.

Comme on a déjà fait le repérage des lieux la semaine dernière, je sais où me rendre et les documents qui vont m’être demandés.

Première étape : je me rends à la SOMARIG qui se trouve être l’agent maritime, société de transport affiliée à la CMA CGM. J’en profite pour glaner quelques informations : ils gèrent les importations, les exportations mais aussi du transport par voie terrestre. La dame me demande la carte grise du véhicule ainsi qu’une pièce d’identité. Ceci viendra complément de la liasse documentaire qu’ils possèdent déjà et qui a suivi le véhicule sur le bateau.

Elle fait des photocopies et en échange me remet divers documents :

⁃ Une facture au dos de laquelle j’appose une adresse en Guyane, mon nom/prénom ainsi que la date du jour.

⁃ Pour les douanes : le bon à délivrer, le waybill non négociable et une copie de la carte grise.

⁃ Pour le grand port maritime : une demande d’accès temporaire au port.

Sur notre bateau, il y avait 16 véhicules cette fois (on est bien entendu en période creuse) et je suis là première aujourd’hui… (oui j’étais déjà là jeudi aussi accessoirement). Moi qui pensait qu’il y aurait la queue devant le bâtiment dès 07h30… Je me suis bien trompée…

A présent, il est temps de régler et pour cela je dois voir avec une autre personne… c’est très protocolaire ! Je passe alors au bureau d’en face qui est la caisse pour régler la facture de 280€ qui sont des frais fixes d’importation comprenant notamment les documents, le déchargement et les frais de sanglage.

En moins de 10 minutes les premiers papiers étaient réglés avec une dame adorable et très efficace… a présent j’attends que la personne de la caisse arrive. Sans la facture acquittée, on ne peut pas passer à l’étape suivante que sont les douanes. L’avantage c’est que tout le monde doit passer par ces mêmes étapes donc je reste normalement la première 🤪 !

L’agent maritime : la SOMARIG

Et la première dame qui m’a bien aidée…

Ici j’ai attendu 36 minutes pour payer !

Après un peu d’attente je demande à quelle heure commence la personne car il est 07h50 et on me répond « bah 07h30 mais elle est jamais à l’heure et elle aime pas qu’on lui reproche, c’est pas normal pourtant a un poste stratégique comme la caisse avec des clients » ! Hop hop hop ça c’est dit… À 08h06, madame facturation arrive comme une fleur. Quand je vois qu’elle prend son téléphone plutôt que ses marques, je me pointe devant elle avec un grand « bonjour » plein d’enthousiasme… Voilà j’ai mon papier tamponné « payé » et on est plus légers niveau sous !

Je remonte dans la voiture. Valérie et Damien se moquent de moi car avec mon kway rouge, mon sac-à-dos, et mes documents à la main je ressemble à une candidate rouge de la chasse aux trésors (émission de France 3) !

La carte aux trésors !

Bim à 08h15 je suis dans le bureau des douanes ! Je retrouve le même mec pas très organisé de jeudi dernier… et ça confirme mon ressenti quand il allume sa lumière et me dit « Asseyez vous je vais chercher mon matériel et voir mon collègue » ! Ok ! Il ressort son dossier de 2017 et regarde les documents qui sont dedans (a priori le cas d’importation temporaire de véhicule n’est pas la panacée… ce que je peux entendre) !

Dégrad des Cannes : ici les douanes

Au poste de douanes…

« Chef ! Je dois faire quoi ? ». Au final, c’est moi qui sort les documents car depuis la France métropolitaine on avait déjà initié les démarches pour anticiper et on a bien fait. Le chef confirme que ce sont les bons documents à remplir et ce en deux exemplaires. Je m’applique donc à remplir le papier… Pendant ce temps un des collègues de Monsieur-pas-très-organisé lui demande s’il a rappelé les gens dont il avait mal tamponné les documents l’autre jour… car ils risquent d’être embêtés… ah bah non pas fait apparemment… J’ai peur !

Bon on vérifie le document avec ledit collègue (j’avoue que ça me rassure d’avoir un double regard…) et il me demande comment je vais payer les 55 euros (oui on passe plusieurs fois à la caisse ce matin). Comme vu jeudi, je lui dit « en carte bleue ». Sa réponse « ah ouais mais je sais pas si ça marche aujourd’hui ». Hum plait-il ? 😤. Il me dit qu’au pire je peux aller retirer de l’argent au carrefour (à 4 kms de là) à pied ! Sérieux quoi…

Alors que je demande à Valérie et Damien s’ils ont de la monnaie à avancer (je n’ai que 15€ sur moi), il prépare les documents. Mes acolytes n’ont pas de monnaie mais Valérie propose de faire un chèque, le « douanier » accepte et elle monte me rejoindre. Je lui glisse discrètement « c’est un sketch tu vas voir » quand il nous tourne le dos mais elle le comprendra vite fait par elle même…

Il lui demande sa carte d’identité pour la photocopier avec la facture et bien que ça « ait bougé » il ne prend pas la peine de retenter et après il photocopie mon passeport mais ça sort sur des feuilles grand format alors il re-découpe tout… Et après il nous dit discrètement « vous avez des photocopies à faire ? » genre allez-y les filles, c’est ma tournée.

Juste pour la blague… voilà la copie officielle

Enfin, il tamponne tous les documents (je supervise afin que tout soit bien visé et que l’on ait pas de problème ultérieur) et là (on s’est regardé plusieurs fois avec Valérie) il dit que sous 4 mois il faut revenir en Guyane car ce n’est que temporaire… mais non mais 4 mois c’est pas possible. Il insiste et je suis ravie que Valérie soit avec moi pour ne pas passer pour une dingue ! Au final après 3 essais il finit par dire 24 mois ! Ah ouf…

C’est l’heure de payer… mais encore une fois c’est avec une autre personne qu’il fait voir. On passe donc dans le bureau d’à côté où l’on donne les photocopies ratées et on ressort avec un tampon payé ! A présent il nous faut aller au service informatique… Vous voyez le film « l’auberge espagnole » avec Romain Duris qui gère ses papiers Erasmus sur une journée avec plein de bureaux différents… ou encore dans le dessin animé « Les 12 travaux d’Asterix » avec la recherche du formulaire A38… J’ai l’impression d’avoir vécu la même chose !

Allez… On pousse la porte de « Guyane informatique portuaire (GIP+) ». La dame est super sympa et nous explique qu’elle gère la traçabilité informatique des marchandises et rentre la déclaration en douane dans son système. Pour se faire elle prend les références des paiements et nous donne un document (Bon à délivrer pour faire simple) qui atteste que l’on est bien passé en douane et qui nous servira plus tard pour la remise du véhicule… C’est un peu comme dans un jeu vidéo où tu ramasses des trucs et à un moment ça te servira mais tu ne sais pas trop quand.

Allez on tient le bon bout. Cette fois c’est direction le Grand Port Maritime. Valérie nous accompagne en voiture car il pleut des cordes mais en soit les distances sont minimes et tout se ferait très bien à pied ! Là, l’accueil me dirige vers un guichet du pôle finance où je dois présenter : la facture de la SOMARIG, le connaissement maritime (waybill non négociable) et certificat d’immatriculation (carte grise). Cette fois-ci je règle les 79,76€ de frais de stationnement (c’est 45€ environ pour une voiture, mais nous avons un utilitaire donc c’est un peu plus cher).

Je peux à présent retourner à l’accueil où je présente encore une fois mon passeport. Elle vérifie que c’est bien payé et me confirme que je peux retourner à la SOMARIG. Sur le chemin, je croise trois métropolitains et je leur dis « ah vous venez chercher vos motos » et ils me regardent « ah vous êtes au courant »… Étonnée, je me dis qu’ils ont eu un souci et je leur demande mais non en réalité s’en est suivi un très long quiproquo où ils pensaient que je travaillais pour la société de transport qu’ils avaient mandatée alors que je constatais seulement qu’ils avaient des manteaux de moto sur le dos !

Après ça… ils n’avaient pas leurs documents, n’étaient pas au bon endroit… ils sont partis en me disant que j’étais bien mieux organisée après que je leur ai montré quoi présenter. D’un air entendu j’ai dit « bah oui, je suis une fille 😉 » ! Ça les a bien fait rire et la nana au guichet a validé !

Pour moi, pour nous… c’est bientôt fini ! Quelqu’un doit venir me chercher pour m’emmener sur la zone portuaire. Et nous irons à quelques mètres de là où il remettra mon passeport ainsi que l’autorisation d’accès au guichet du port. Et on passe ensuite dans un bureau où on me tend une boîte avec une vingtaine de clés où je dois retrouver la mienne… BMW… Audi… Mercedes… Je ne sais que choisir !

Hum… laquelle est la nôtre ?

Au final enfin je retrouve le camion !!! J’en checke l’état général et à part quelques marques jaunies sur la carrosserie (sorte de scotch qui semble partir en grattant), tout est ok ! Je récupère mon passeport et par réflexe je demande « et maintenant je dois aller où ? ». Mais en réalité c’est bon ! On a fini !! On a le camion et les procédures administratives sont terminées ! Youhou. La délivrance. En 02h03 c’est plié et c’était pas si sorcier… juste comme je le disais plus haut : très procédurier !

Bon à présent qu’on a le camion, un autre dilemme se présente à nous : la seule raffinerie du pays est en grève et ça se bouscule déjà aux pompes… Pas tellement le choix, on se met dans la file et on prend notre mal en patience à la station total du Carrefour. Ici, peu importe où, les prix sont les mêmes partout à la pompe… Alors Total nickel ! On fera donc un gros plein à 1,46€ le litre. On a bien fait, car déjà en retournant chez Valérie les stations sont envahies, et l’une d’elle n’a déjà plus d’essence !

Raffinerie du pays bloquée… queue aux stations !

On arrive donc « à la maison » vers 10h30 et l’on sort toutes nos affaires barricadées pour aménager le camion à notre sauce. Valérie nous a tout naturellement proposé de nous poser dans leur allée et c’était top car mine de rien on a passé près de 04h30 à tout vider, fixer le dernier rangement, trié nos affaire et… laver notre linge ! Et on ne l’a pas vu venir, mais en plus de cela, l’heure tournant, Valérie nous avait préparé des quiches et des Spaetzle (merci encore mille fois pour tout cela) qui nous ont redonné des forces précieuses pour l’après-midi !

Ouverture des portes et déblocage des affaires

Installation du rangement mural

Ça prend forme avec notre joli rangement « turbulette & cie »

Une dernière « vraie douche » et l’on plie définitivement bagages tous les trois pour prendre la route en direction de Kourou afin de voir le lancement de la fusée et ses satellites ! On a hâte… C’est quand même un événement unique et le timing est parfait dans le cours du voyage ! Après quelques bouchons on sort de Cayenne et en une grosse heure plus tard on atteint le Centre Spatial Guyanais (CSG) où nous sommes bien décidés à jeter un coup d’œil pour voir de près une fusée.

Le centre est sympa et l’on s’approche pour profiter du coin avant le coucher du soleil. Lors d’un dernier cliché j’aurais la bonne idée de m’avancer un peu dans l’herbe pour avoir une meilleure vue… quand soudain ça me brûle les pieds. J’ai une dizaine de fourmis rouges sur moi qui m’attaquent sévèrement. Heureusement qu’on a de la pommade contre les piqûres car les sauvageonnes ne m’ont pas loupées !

L’accueil parle de lui-même !

Tous sourires au centre spatial guyanais

C’est pas celle qui décollera demain mais ça nous permet de nous approcher !

On ira ensuite repérer le spot dodo repéré sur park4night et trouver un restaurant qui accepte les chiens pour ce soir. On tombera sur « la grillade » qui valide que l’on peut dîner dans un coin de la salle avec notre chien. Les critiques sont bonnes et l’on confirmera que le repas était au top et très copieux ! Ça nous a fait bizarre de voir un couple attacher son chien dehors à l’enjoliveur de sa voiture alors qu’ils venaient dîner… On a pas tous la même sensibilité encore !

Le repas sera l’occasion de partager encore un super bon moment avec notre famille (temporairement) guyanaise et de mettre tout le monde au goût du jour des péripéties du matin ! Ça aura vraiment pour nous été une très belle rencontre. Et sur un au revoir, on convient de se tenir au courant pour la suite et de se partager les photos de la fusée demain, car eux seront dans une salle de lancement pour voir les choses de très près !

Malgré les températures, y’a quand même un marché de noël !

La pointe des roches de Kourou

Un régal ce restaurant !

Au dodo de notre côté… la nuit s’annonce très très chaude ! A suivre… Demain debout à 05h alors on ne tarde pas…

2 réflexions sur « [2019-12-16] Le retour à la vanlife et Kourou »

  1. jpierregodet

    Que de travail pour récupérer ce van …..vous avez vraiment de la patience 😅 bon et bien les kms vous attendent, soyez prudents les loulous et gros bisous à vous trois ❤️❤️❤️

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  2. Briand

    Courage car ton grand père dit que chaque passage en douane est interminable et il peuvent être de plus en plus vicieux vous faire vider votre camion !! Bisous bisous

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