[2020-01-05] Sur la route entre Itaberaba et Canavieiras

L’esprit de Noël a eu raison de nous… car c’est à 08h30 passées que nous émergeons ce matin. Nous profitons des commodités de la station et d’un bon café avant de reprendre la route. Notre point de chute ce soir sera la ville d’Ilhéus à 400 kms de là. Mais avant cela, nous avions repéré un point d’eau potable (hier soir) quand nous cherchions le meilleur sport pour dormir dans la ville.

Nous faisons donc un crochet par cette station service et montons un plan de bataille : Damien se charge de remplir le jerrican d’eau (les 20 derniers litres nous ont duré 10 jours) tandis que je m’occupe de faire faire le plein de Picco.

En cours de plein, je réalise que le prix du litre n’est pas celui qui était indiqué… Ils sont en train de me remplir le réservoir à 4R par litre vs la promotion annoncée à 3,64 R par litre…. le pompiste ne sait pas encore qu’il a affaire à la Godet ! Je lui demande de stopper net le remplissage afin que l’on s’explique, alors qu’il a déjà mis 31 litres dans le réservoir !

Après différentes explications et calculs, un de ses collègues viendra me dire que c’est bien ok pour la promotion que le bon prix sera fait à la caisse… entre temps le pompiste lui avait dit en portugais « elle ne comprend rien, elle est américaine »… Ce à quoi je lui ai répondu dans un portugais approximatif « si si je comprends et je ne suis pas américaine mais française » (sous-entendu fais pas trop le malin toi) !

Au final, on paye le bon prix (bizarre quand même leur affaire), ils nous proposent un café, nous lavent les vitres puis se mettent à 4 pour nous faire un décrassage complet de la carrosserie… tandis que nous finissons à deux de remplir le jerrican, le débit d’eau n’étant pas terrible.

Les décos de Noël étaient plus jolies de nuit

Quand on parlait d’immenses stations services au Brésil !

Remplissage du jerrican en cours !

Picco va retrouver ses couleurs d’origine !

On a pas l’air satisfaits là ?

On repartira donc satisfaits et avec assez d’eau pour les prochains jours. De nouveau en route, on reprend le cours de notre polar audio qui nous tient toujours en haleine… a présent c’est moins de 5 heures nous séparent du dénouement de l’histoire… Moi je connais déjà l’intrigue, mais Damien la découvre petit à petit et j’adore voir ses réactions de stupéfaction au fur et à mesure que l’histoire nous est contée (nouveau placement de produit « Le chuchoteur » de Donato Carrisi… à noter que le premier livre audio est gratuit avec l’application audible, non ne me remerciez pas) 🤪 !

Au cours du premier changement conducteur, on en profite pour sortir N’Lou qui s’avère être malade (la suite de la route nous le confirmera) avec tous les symptômes d’une gastro humaine… Et vu qu’il voyageait à l’arrière (j’assume l’entière responsabilité de ne pas avoir été assez réactive à ses pignements d’alerte…), nous n’avons plus qu’à trouver un drap et/ou (idéalement ET) une laverie en ce dimanche après-midi…

Patte d’oie : deux solutions s’offrent à nous… un chemin de terre rouge de 23 kms dont nous ne connaissons pas l’état ou un détour pour un total de 51 kms… Allez on assure le coup et on prend le détour ! On arrive dans un petit village et on remarque un attroupement sur un pont (le seul pont en fait). Des mecs ont tendu une corde et l’un d’eux s’avance vers nous en nous faisant comprendre qu’on doit payer pour passer. Damien au volant n’a pas trop capté sur le moment, moi j’ai dit en espagnol “no no no, tenemos que pasar”. Bon ils étaient pas bien méchants, ils ont baissé leur corde et on a filé dans demander notre reste…

Des routes à perte de vue…

On est dans le paysage rocailleux…

… avant de basculer dans la verdure

On a eu la même réflexion « on se croirait en Colombie » (même si aucun de nous n’y a encore été 😄)

Nous finissons par atteindre Ilhéus où la renommée de la ville ne dément pas… La forte odeur de chocolat qui en émane dès notre arrivée nous rappelle que nous sommes bien sur « la côte du cacao » !

L’usine de cacao de la ville

La ville d’Ilheus

Nous avons décidé de pousser un peu plus loin la route car la ville ne présentait pas forcément beaucoup d’intérêt… Nous y passons donc uniquement pour faire quelques courses (d’ailleurs, nouveau drap : ok)… On continue donc de descendre le long de la côte en longeant de grandes plages de sable blanc bordées de cocotiers. Nous pourrions aisément nous y installer en mode camping sauvage mais la raison est plus forte et nous pousse à chercher un parking plus sécurisé (une station-service de taille raisonnable quoi) !

Les plages de sable blanc et cocotiers… on pensait trouver une station service au bout de ce chemin… Fausse info !

C’est ainsi que nous aurons roulé 550 kms pour finalement atteindre Canavieiras. On a aucun point de chute, on va improviser. La ville est de taille raisonnable et après avoir tourné un peu, on se rapproche de la gare routière où l’on peut accéder à des douches pour 3R par personne. On ne fera pas les fines bouches devant l’état de celles-ci. On se sent tellement sales avec la route que toute eau fraîche est bonne à prendre. Je demande l’autorisation de stationner ici pour dormir et le maître des douches / toilettes acquiesce.

On se prépare donc à manger (des sortes de hot-dogs saucisses, fromage, pain et oignons) et un sdf vient nous aguicher pour demander des pièces. Ma peur m’a fait agir bêtement… Déjà en faisant mine de retenir le chien qu’il voulait approcher en lui disant « danger, il mord », puis en l’intimant de « dégager » en français. Il n’aurait fallu que quelques secondes de plus pour que je lui balance la bouteille d’eau que j’avais à la main dans la tronche. Damien, posé, à réussi à le faire partir et m’a fait la morale…

On a alors décidé de bouger plus loin, sur un autre lieu repéré car en réalité autour de nous c’est le repère des SDF, des bourrés et ça ne semble pas super bien famé ! On tente donc devant le cimetière où l’agent de sécurité présent est ok pour que l’on dorme sur le parking et m’explique qu’ils font une ronde et qu’il y aura toujours quelqu’un, que le lieu est sûr. Blindé de moustiques… mais sûr. On dormira donc ici cette nuit et on y verra plus clair demain matin !

C’était pas le Mac Gyver de l’orthographe par contre !

Bonne nuit… On sent qu’on va avoir chaud nous 🥵 !

5 réflexions sur « [2020-01-05] Sur la route entre Itaberaba et Canavieiras »

  1. Quentin

    Zut, une faille temporelle et j’ai raté 11 mois de voyage !

    En tout cas, lire vos histoires est toujours un plaisir, c’est encore plus haletant qu’un livre audio.

    Très bonne année, et bon courage pour la route !
    Quentin

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  2. jpierregodet

    Merci pour ces bonnes nouvelles, espérons que Loulou va mieux. À très bientôt et bon courage pour la suite…. bisous à vous trois 😍❤️❤️😊❤️

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