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[2020-03-27] Mission Flybakom

À situation exceptionnelle, récit exceptionnel. Alors que Marine arrêtait son récit de la veille à minuit, je reprends celui du jour à 00h01… Oh là là… Le suspense n’est pas terminé ? Eh bien non !

Nous venons tout juste de nous poser dans notre espace réduit et de s’allonger en vue de commencer notre nuit, tassés à trois sur cette place minuscule de lit. C’est alors qu’une voiture roule au pas dans notre rue. La ville est supposée être en confinement et donc il ne devrait pas y avoir de véhicule à circuler. Merde… ça doit donc être des flics ! Bien cachés dans notre camion, nous retenons notre souffle et calmement, nous faisons en sorte que N’Lou n’aboie pas histoire de ne pas se faire contrôler une nouvelle fois… Marine lui tient le museau, lui caresse la tête et lui chuchote à l’oreille d’être sage. Il étouffe quelques grognements malgré tout…

L’attente est longue et nous n’entendons pas de porte claquer. C’est après 10 longues minutes que la voiture redémarre et passe son chemin… La délivrance ! Sans doute un confrère hors-la-loi. Nous tentons tant bien que mal de trouver quelques petites heures de sommeil bien précieuses histoire d’avoir une dernière source d’énergie pour achever notre mission « Flybakom » (Fly back home quoi).

Je me réveille frigorifié peu avant 05h00 du mat, heure à laquelle notre réveil est programmé. Pourtant je ne me sens pas si fatigué… Nous attendons quelques minutes, histoire d’assurer le coup en cas de contrôle des forces de l’ordre. Mais à 05h10 pétantes, on prendra la direction de l’aéroport. A quelques centaines de mètres de notre lieu de dodo, nous tombons déjà sur un barrage installé par les carabineros. Nous y sommes bien sûr arrêtés pour donner notre raison de circuler… La phrase magique nous laisse passer sans problème : « Nous allons à l’aéroport pour un rapatriement en France ».

 

L’avantage c’est qu’on est déjà habillés après cette nuit sans couette 🥶

Après 30 petites minutes de route, nous atteignons l’aéroport. Nous nous garons sur un parking, un peu avant, afin de finir d’organiser nos bagages, nourrir Loulou et lui permettre de se dégourdir après la nuit. Même si cette nuit, il n’était pas le plus à plaindre, étalé comme un pacha avec les quatre fers en l’air. Marine pourra alors filer au parking sur lequel sera garé notre van durant notre absence, après m’avoir jeté au passage au terminal avec le chien, sa cage et nos bagages. Ce sera plus simple que de tout se trimbaler dans la navette entre le parking et l’aéroport.

 

Et hop nous voilà au terminal des vols internationaux

J’y dépote les paquets

Alors ça ressemble à quoi un aéroport par temps de Coronavirus ?

C’est bien triste à voir…

Et les consignes sont partout

Bon bah on va pouvoir monter cette énorme cage !

Seule, Marine, ira protéger notre maison tandis que j’accède à la zone des terminaux, avec déjà quelques voyageurs en attente. Il règne ici un air de fin du monde. Chacun à son masque, certains ont des gants, et tout le monde maitient ses distances (tant mieux). Bon par contre soyons honnêtes y’a certains masques qu’on croirait tout droit sortis de jeux vidéos où une guerre nucléaire serait de mise…

Je me mets donc dans mon coin avec Loulou et observe les voyageurs. Ayant le wifi, je reste connecté avec Marine pour savoir comment cela se passe. Et bien voilà, elle a déjà loupé un embranchement et s’est pris un péage et 18 kms de détour dans la vue. Au cours de mon analyse des voyageurs, j’aperçois déjà quelques français qui doivent prendre le même vol que nous. Je peux déjà mettre ma main à couper que personne ne sera en retard aujourd’hui pour ce dernier transfert.

Une petite heure plus tard, Marine est déjà de retour. Elle a pu revenir avec une navette gratuite du parking. Pas de temps à perdre, nous filons à la SAG, une organisation de l’état, qui va certifier le certificat de bonne santé de notre chien, fait la veille avec le vétérinaire. Un bureau se trouve dans l’aéroport même. C’est censé ouvrir à 09h00 mais la porte comporte seulement « douanes ». Alors même s’il n’est que 07h30, nous tentons notre chance pour ne pas perdre de temps si ce n’est pas le bon endroit. Nous avons déjà eu du mal à arriver jusque-là, car peu de personne savent de quoi il s’agit…

C’est ici que se cacherait le service véto ?

Quelqu’un répond ! Mais ça se complique lorsqu’il nous dit qu’aucune personne ici n’est vétérinaire officiel pour tamponner notre attestation. Je sens la peur dans le regard de Marine… Il nous rassure rapidement en nous disant qu’il faut aller ailleurs mais nous n’avons plus le camion et il a du mal à nous expliquer où nous rendre. Marine décide donc de s’y rendre en taxi, tandis que je resterai une nouvelle fois sur place avec N’Lou.

Le déplacement de Marine d’après son retour : de bon matin le taxi a essayé d’embobiner Marine sur le prix de la course ! Ah mais mon coco, ce petit bout de femme là n’est pas vulnérable et n’essaie pas de jouer au con… Il a voulu se faire payer une course sans forcément montrer le compteur en exprimant que 10000 pesos (10,56€) ce sera bien. Mais ça on ne le fait pas à Marine qui lui demande de montrer son compteur pour payer le véritable prix qui était finalement de 7000 pesos (8,09€)… pour 3 kms au final. Elle était déjà décidée de rentrer à pied à ce moment-là. 

Bien arrivée à la SAG, elle a eu l’impression de débarquer comme un cheveu sur la soupe devant la personne sur place. Il lui demande de patienter jusqu’à 09h00 alors qu’il est 08h15… Marine a dû utiliser son arme fatale pour qu’il change d’avis : le rôle d’une touriste française à bout de nerfs en faisant couler quelques larmes pour que celui-ci ait pitié et lui signe le papier ! Bien joué meuf. Il s’est levé immédiatement, lui a dit ok qu’il ferait le papier mais qu’il fallait qu’elle cesse de pleurer ! Et voilà comment en quelques minutes, il l’a délesté de 15000 pesos (17,34€). Elle reviendra donc à pied des bureaux pour ne pas encore se faire arnaquer par les taxis locaux.

Voilà le fameux bâtiment de la SAG

On m’a fait remplir le formulaire pour finalement remplir la page certificat de bonne santé sur le passeport européen

Marche de vigueur pour le retour

A son retour, la faim se fait sentir et nous déciderons donc de nous faire un dernier petit-déjeuner local avec nos pesos : café et empañadas. Cela nous aidera à attendre patiemment l’ouverture des comptoirs pour nous enregistrer sur le vol tous les trois. Car avec un animal de compagnie, on peut oublier l’enregistrement en ligne, il est tout simplement impossible.

Café et empañadas

Cela se fera à autour de 10h30 au lieu de 12h. Ça nous a permis d’éviter la foule car à l’info donnée par des compatriotes français, rentrant eux aussi sur l’hexagone avec leur chien adopté en Colombie (du coup c’était quoi le sketch d’Air France sur pas de chien ???). Ces mêmes voyageurs nous rapporteront une histoire malheureuse qui est arrivée hier à des touristes. Ceux-là ont abandonné leur chien à l’aéroport car il n’avait pas été accepté sur le vol au dernier moment. Ce chien, nous l’avions repéré un peu plus tôt dans la matinée, complètement paumé en pensant qu’il s’agissait d’un des nombreux chiens errants du pays. Une histoire triste qui en dit long sur la nature humaine et qui s’accentue en temps de crise… 

Si nous en revenons aux comptoirs, ces bureaux ouverts un peu plus tôt, nous permettent de nous enregistrer facilement avec le chien. Le monsieur qui nous reçoit est adorable et nous dira que l’on peut revenir avec N’Lou au dernier moment sans faire la queue avec la cage, soit vers 14h30 pour le faire monter dans l’avion. Et voilà tout est ok : le vol est validé, on a nos sièges et tout est ok pour N’Lou aussi ! D’ailleurs ses certificats n’ont même pas été vérifiés, ni les normes de la cage. Cela en valait bien la peine de se démener autant…

N’Lou et sa copine colombienne

Retour dans un sac unique pour 21,3 kgs

Quant à N’Lou c’est du 35 kgs cage incluse

Sur tout ce qu’il y a à l’écran, seuls deux vols sont maintenus

Il faudrait une catastrophe maintenant pour que nous ne puissions pas revenir. Nous retrouverons un peu plus tard nos amis Margaux et Gautier qui faisaient partie des irréductibles du campement pour partager un dernier moment d’échanges avant le vol et nos séparations.

Un dernier pipi pour le chien et il est déjà temps d’embarquer pour lui. Nos séparations sont toujours aussi émouvantes quand on le voit partir dans sa cage sur le tapis roulant… mais ce chien est rodé maintenant. Après tout, c’est déjà son 8èmevol. Et mieux encore, ils seront 4 chiens sur le vol… Je vous laisse imaginer les parties endiablées de belote pendant la traversée.

Pendant ce temps, nous filons à la douane pour contrôler nos bagages à main et réaliser nos tampons de sortie du territoire avant de rejoindre les portes d’embarquement. Nous retrouverons dans cet espace nos amis Lise et Sam (@Samfaitrouler, aussi l’auteur de « Avance bordel »), deux voyageurs rencontrés à Punta Arenas qui ont décidé de rentrer aussi. Notamment pour les problèmes de santé de Sam qui, si vous suivez bien, est un voyageur tétraplégique en fauteuil, en tour du monde avec son camion tout adapté et son amie.

Nous avons encore une grosse demi-heure avant le vol, Marine part donc dépenser nos dernier pesos chiliens (oui y’en avait encore après le petit-déj). Elle reviendra après un gros quart d’heure chargée de deux sacs de fast-food qui ont forcément dû coûter plus que ce qu’il ne nous restait… mais la faim a parlé comme on dit et on a bien apprécié les énormes burgers et leurs frites !

La on est loin du mètre de distance réglementaire

Il a rigolé en me voyant arriver mais il s’est régalé

Le dernier vol Air France avant longtemps…

A 16h00, nous embarquons finalement, avec au passage un remerciement à l’équipe qui font ce voyage sur la base du « volontariat » car beaucoup de stewards et hôtesses ont exercé leur droit de retrait pour éviter ces vols à risque. Nous ne pouvons que trop remercier ces personnes qui ont assuré leur service dans des conditions pas si évidentes pour un métier quand même très humain. 

L’avion est plein à son maximum… et cela nous vaudra 01h30 de retard au décollage afin de finir le plein de carburant et le chargement des bagages des derniers ressortissants français à rentrer. On décollera finalement vers 18h00. J’entamerai directement une petite sieste de satisfaction et je crois que mon cerveau s’est directement mis en veille comme après une grosse journée de sport. Marine, elle, se relaxera, avant de diner, avec le troisième volet du Seigneur des Anneaux qu’elle connait par cœur… tout écrivant notre journée passée ! 

Marine, Damien, Gautier et Margaux

A défaut des masques, on avait des tours de cou

Ça se remplit… à craquer !

Souvenir de ce retour rapide et nous l’espérons également court…

L’heure de manger arrive vite, après que nous ayons passé une grosse zone de turbulences… Turbulences qui d’ailleurs nous suivront tout du long du vol. Au menu : taboulé – Poulet et son accompagnement de riz et courge puis un kiri orange au cheddar et un cake. Le service d’Air France n’est pas « au top niveau » sur ce vol d’après les infos que nous captons. Le vol a été affrété au dernier moment en cet état d’urgence et cela a le malheur de ne pas satisfaire certains clients… qui se plaignent ne pas avoir de vin rouge mais seulement du vin blanc… Nous n’avons pas tous les mêmes priorités.

Quant aux gens, encore une fois, c’est du grand n’importe quoi pour certains. Les annonces sont claires : ne limiter les déplacements dans l’avion qu’au strict nécessaire. Et que je me lève, et que je papote, je crache et je tousse dans l’aller… Merci les gars, c’est cool de voir que chacun est un peu censé et respecte les règles pour le bien-être de tous…

Marine s’endormira directement après le dessert, tandis que moi, après la sieste, il me reste assez de forces pour m’enquiller, non pas du vin car il n’y en plus, mais deux films, dont « Au nom de la terre », tourné en Mayenne, pour la transition lente… Bon c’est vrai que j’aurais pu trouver plus joyeux pour ce retour, mais j’étais ravie de revoir mes paysages d’enfance.

Un dernier dodo mouvementé (toujours nos turbulences) avant de retrouver ma « douce » France !

[2020-03-26] C’est maintenant ou “jamais” pour se décider à mettre ou non en suspens le voyage

« Hum, il est quelle heure ?

10h13

Ah déjà…

A priori il devait y avoir de quoi nous faire dormir dans les crêpes ! Damien a passé une nuit un peu tumultueuse de son côté à penser à plein de choses avec les récents évènements tandis que de mon côté… j’ai préféré occulter tout cela en dormant comme une masse. Mais au réveil tout refait surface.

Chrys nous a créé un nouveau groupe WhatsApp afin d’aller vers une solution en dur pour la suite des choses. Le camping ne sera malheureusement pas une solution viable pour la suite du voyage même si nous y étions tous très bien. En étant au sein d’un airbnb fermé et en groupe, ce sera mieux. Pas de doute là-dessus. Mais qu’en est-il de la suite ? Si le Chili maintient son état d’urgence sur les 90 jours annonces. Qu’allons-nous faire ici ?

Mais avant cela, Air France continue de jouer au yoyo avec mon cœur. Quoi ? Mais pourquoi elle parle de Air France ? Ils veulent rentrer maintenant ?! Il faut savoir qu’avant-hier nous n’avions pas tout dit. Dans les démarches anticipées pour un plan B, nous avions également demandé par e-mail à Air France si notre chien s’enregistrait sur les vols de rapatriement comme un chien classique. Le verdict est tombé : non, seuls les petits chiens de -7 kgs sera accepté. What ?!

S’en sont suivis des échanges avec ambassade, consulat, Air France.

L’ambassade ne peut obliger une compagnie à modifier ses conditions de vol

Je vous invite à contacter la compagnie Iberia qui dispose de vols au départ de Santiago ou bien à voyager sans votre animal de compagnie. Vous pouvez également contacter une société spécialisée chilienne dans le transport d’animaux www.travelmascotas.cl

Yes, You can take the Dog to Paris »

Im sorry I just received last minute information and only pets in cabin are permited. Is your dog small or large???

Im so sorry to inform you that this is not possible at this time with the contingency »

Voilà je ne vais pas vous faire un schéma. Même si nous avions souhaité rentrer nous étions en réalité “bloqués” pour ne pas abandonner un membre de notre famille au Chili. Et là cela nous a bien miné le moral. Mais autant vous dire que l’on a pas lâché. Les échanges se sont intensifiés et nous sommes montés de deux strates chez Air France par téléphone cette fois-ci. Mais là c’est à présent à l’ambassadeur de prendre une décision ? Quoi ? Ça frise le ridicule.

Bref, c’est de là que vient la phrase ci-dessus relative aux conditions de vol. J’imagine que le yoyo avec nos cœurs est plus facilement compréhensible à présent. Pendant ce temps, les copains ont le consulat au téléphone afin d’expliquer l’arrivée de l’armée hier et tenter d’obtenir un document les autorisant à rester sur le territoire en cette période compliquée.

Et finalement après beaucoup d’échanges, Air France branche chilienne revient vers nous et confirme avoir échangé avec le chef d’escale. Ok notre chien pourra embarquer en soute sur le vol de demain et ils ont deux places pour nous. Ils nous envoient donc un devis par e-mail et nous pré-réservent des places dans “le dernier vol”. Car oui, demain, le dernier vol affrété par Air France quittera la capitale chilienne pour ramener à nouveau des ressortissants français dans l’hexagone.

Jouons-nous la carte de la sécurité réellement en décidant de rentrer en plein pic d’épidémie? Ferions-nous un meilleur choix en restant ici ? Avons-nous peur de l’échec qu’un retour en France symboliserait dans nos têtes ? Du moins c’est ainsi que cette échappatoire (tiens c’est féminin ou masculin ça ?) m’apparaissait et je ne voulais même pas y penser. Nous avons vécu de superbes instants, rencontré de belles personnes et récemment partagé des moments forts avec la petite tribu du camping où nous nous étions de nous-mêmes isolés.

Mais voilà, on a ressenti le déséquilibre. Arrivé comme un cheveu sur la soupe et sans crier gare. L’équation n’était plus parfaite pour nous. L’armée, les quarantaines qui se développaient dans le monde mais pas au Chili encore, l’insécurité et le manque de visibilité pour les jours à venir… Tout cela nous pesait en réalité. Nous ne nous autorisions pas réellement à penser à la solution retour comme un plan B en s’arrêtant sur le fait qu’un retour avec N’Lou et notre camion n’était pas simple à gérer.

Pourtant, maintenant, nous pouvons vous le confirmer : nous l’avons fait.

Panique à bord. Il est 15h00, état de la situation :

📍 Nous somment “présentement” à 300 kms de Santiago du Chili comme diraient les canadiens.

🗣 Un couvre-feu prend effet dès ce soir entre 22h-05h dans la capitale. Personne n’aura droit de rouler ou sortir dans la rue.

✈️ Nous devons nous présenter à l’enregistrement pour N’Lou et nos bagages à relativement tôt pour un vol à 16h30. Il faut savoir qu’avec un animal, l’enregistrement en ligne n’est pas possible, il faut forcément le faire au comptoir.

🚌 Nous n’avons pas de lieu de stockage pour Picco et d’autant plus, la durée de stationnement nous est totalement inconnue et incertaine. Il nous faudra aussi prévoir de prolonger nos droits d’admission temporaire sur le territoire pour le véhicule.

🐕 N’Lou n’a ni cage ni papiers à jour pour l’exporter. Cela implique de trouver en premier lieu un véto pour attester de sa bonne santé, une SAG (autorité sanitaire émettant le document final permettant la sortie du territoire) et une cage aux normes IATA adaptée au transport aérien.

🎒 Accessoirement nos affaires ne sont pas du tout prêtes après 3 mois et demi en camion. Et on a du pain maison en train de cuire (c’est un détail mais ça donne un peu la température).

🎫 Les billets ne sont pas réglés et on attend de recevoir l’e-mail de confirmation pour 2 adultes et 1 chien

Bref, c’est le flou artistique total à H-25.

Au-delà de notre déception certaine et le sentiment « d’abandonner le navire », nous n’avons pas réellement eu à parler, nous avons senti que nous étions sur la même longueur d’ondes et on a fait ce que l’on sait faire de mieux avec Damien : on a foncé 😝 ! Lui a attrapé tout ce qu’il jugeait utile d’emmener tandis que je réglais les étapes plus administratives : vétérinaire, parking,…

C’est parti… on vide tout !

Et on confine le camion avec nos affaires

Départ du camping

Et un peu après 16h15, nous avons pris la route direction Santiago. Dans la ville de Pichilemu, nous avons fait face à 3 vétérinaires fermés. Ça craint… Tant pis, on fonce et on avisera dans la prochaine ville. Après deux appels, c’est ok. L’un d’eux nous accepte et nous devrions arriver vers 19h45. Si nous arrivons plus tard, il accepte de nous attendre pour un peu plus cher, mais jusqu’à 21h00. Super.

Nous quittons la ville par des barrages citoyens en mode gilets jaunes : feux de palettes et pneus, rassemblement de personnes. Le maire a décidé de chasser tous les étrangers et cela était aussi notre crainte : voir arriver des fous furieux au camping par les champs avec fourches et torches. J’exagère on n’est pas moyen-âge mais quand les mauvais pressentiments vous tiennent… Au final, nous ne serons pas embêtés car nous quittons la ville sans prévoir d’y revenir.

Le petit pot de départ qui va bien

Ça rappelle un peu le travail par moment

Une photo sans sourire…

Et voilà comment s’est organisée notre soirée :

18h24 : Billets payés (x3). On était « larges » fallait payer avant 19h en envoyant notre numéro de CB par e-mail. Normal… Mais dans ce genre de moment, la sécurité passe au second plan

Montant de la transaction : 1 202 024 pesos (1390€ dont près de 200€ pour N’Lou) ✅

19h45 : Comme prévu et sans trainer, nous arrivons chez le vétérinaire qui nous émet le certificat de bonne santé en 45 minutes pour 12000 pesos (13,87€). Bon, heureusement qu’on sait N’Lou en pleine forme car c’était pas une flèche et il avait des attitudes d’ado sorti du lit avec son sweat à capuche ✅

21h38 : Pour la cage c’est compliqué. Il faut qu’elle soit normée IATA pour l’avion… Nous en avons repérée une sur yapo.cl (leboncoin chilien). Tant pis pour l’heure, on prend contact. La nana est super réactive mais la problématique est le couvre-feu. nous ne savons pas encore comment la récupérer. On va tenter d’aller jusqu’à chez elle quand même et au pire on ira la chercher demain matin très tôt. C’est pour nous un réel cas d’urgence ✅

22h10 : Nous entrons dans la ville malgré le couvre-feu décrété à partir de 22h00. Très peu de voiture. On avance avec précaution mais nous ne sommes pas fiers de nous. ❌

22h42 : Nous finissons notre course en étant arrêtés par une patrouille de police à 560m de notre but. On essaye de s’expliquer mais ça ne rigole pas. Les mots sont que la situation est critique et comme en France. Personne ne doit sortir. On ne pouvait pas mettre la nana en porte-à-faux en expliquant où nous allions. Notre vol et notre cage, ils n’en ont rien à carrer… Ils nous ordonnent de nous garer immédiatement dans une rue adjacente et de faire profil bas car si ce sont les carabineros (armée) qui nous tombe dessus ce sera une autre histoire 🚨

22h47 : On a pris la rue adjacente qui était celle de la nana… On a définitivement une bonne étoile (merci là-haut 💫). La cage est récupérée en mode trafic de drogue. La nana a ouvert son portail, poussé la cage dans la rue. J’ai tendu la liasse de billets.

Durée de la transaction : 12 secondes.

Montant de la transaction : 150000 pesos (173,41€)

Le principal : on a la cage, elle est en parfaite condition et aux normes comme prévu ✅

23h00 environ : Après nous être garés quelques mètres plus loin, on se pose pour dormir. La discrétion nous oblige a dormir tous les trois à l’arrière sur 1 place car la moitié du lit est occupée par la cage et nos 4 sacs… Et accessoirement, nous n’avons ni couette, ni oreillers. Tout est déjà barricadé et scellé.

23h46 : Parking réservé en zone aéroportuaire (😅 voilà voilà) jusqu’au 01/05 (et renouvelable par WhatsApp). Ouf ce ne sont pas les prix à la française.

Montant de la transaction : 133 875 pesos (155€) ✅

A présent, nous allons essayer de dormir avec un N’Lou qui est heureux comme un pou de dormir avec nous… Et est bien décidé à le montrer en s’étirant dans tous les sens… Je vous passe la sortie besoins pressants pour nous 3 dans une rue pavillonnaire en plein couvre-feu… Nous avons l’impression d’être des criminels. Nous ne pouvons nous empêcher d’avoir une pensée pour la période de la seconde guerre mondiale et du traitement des juifs. C’est totalement incomparable, c’est plutôt ce sentiment de devoir se cacher, agir en douce et subir la situation qui est difficile à gérer. Bref, c’est notre sentiment. C’est compliqué à exprimer…

Nous avons été des machines aujourd’hui et on peut être fiers de nous. Cette décision on l’assume même si on ne sait pas encore où elle nous mènera et que rien n’est encore fait. Que demain on a encore de nombreuses étapes à passer avant de monter dans l’avion. Mais on a mis toutes les chances de notre côté.

Check up véto pour Loulou

Réglementation Air France pour la cage

On a ratissé large pour trouver des options

Finalement, merci au bon coin chilien

On ne se pose pas de question, on fonce

La réservation parking est ok

Allez, bonne nuit hein… on se coller serrés !

Nous n’avions rien dit à nos familles, amis et nos proches pour ne pas les inquiéter et ne pas avoir de pression qui aurait pu influer sur nos décisions. Maintenant voilà, après 107 jours, nous voilà parés à rentrer momentanément (on insiste) vers le chaos !

PS : Voilà la raison pour laquelle je n’ai pas pu assister à l’appel pour te souhaiter un joyeux anniversaire Marina avec les autres… Mais ici je te le redis. Happy birthday 🥳😘

[2020-03-25] Pichilemu, ça devra marcher au pas !

Notre petite vie en confinement suit son cours. Et le rythme des réveils à 09h30 avec ! Pour les buveurs d’alcool, le mal de crâne accompagnera aussi la matinée. Et oui, la soirée pizza – vin rouge de la veille a laissé quelques traces, d’autant plus que beaucoup n’ont plus l’habitude de boire ces substances avec le voyage ! De notre côté, rien de prévu précisément. Sans doute un peu de cuisine, un peu de sport, du papotage avec les membres de la tribu tout en continuant à nous tenir au courant des actualités locales.

Vue drone du campement (📸 par Adrien)

C’est vers 11h00 que Marine décide de mettre en œuvre une idée qui a circulé hier pendant le dîner… Créer un espèce de calendrier avec pour chaque mois une photo à thème de la bande ! Ne cherchez pas d’où vient l’idée, mais Marine compte faire en sorte qu’on s’y attèle. D’ailleurs elle décide pour la première prise de viser le thème « Haka – Koh Lanta » avec bandeau sur le front et tenue de sport ! Avec l’ambiance du camping, et les terrasses suspendues (que l’on a pas construit hein), ça va donner une belle photo, bien dans son jus !

Parée avec le noir sur les joues !

La folie Haka-Lanta (📸 par Chrys)

Les dégénérés de la salle de sport (📸 par Chrys)

Meidhi nous a baladé N’Lou !

Backstage d’enquête exclusive

Cela a le mérite de nous faire penser à autre chose et de passer le temps. Nous déjeunerons dans la foulée des pâtes à la sauce tomate. Je crois qu’au fur et à mesure du confinement, ce plat risque de revenir assez souvent, mais pour l’instant nous prenons plaisir à les manger et Loulou, à lécher les restes de plats !

Le beau temps n’est pas au rendez-vous et nous nous installerons une bonne partie de l’après midi dans le camion a l’abri de la brume. Tandis que N’Lou joue le garde du corps en aboyant sur nos compagnons s’approchant trop près du van… Pourtant il les connaît bien tous maintenant, mais définitivement il a une dent contre Emilie…

De son côté, Marine en profite pour faire un bilan de ces derniers jours en répondant à deux « demandes d’interview » reçues par mail. Le thème vous le devinez : la situation à l’étranger avec le confinement et notre souhait de rester sur place. Le premier pour la « revue du backpacker » et l’autre par des mayennais (@casquette_baskets_ontheroad) qui souhaitent compiler les différentes aventures des voyageurs autour du monde.

En attendant, je me surprends à me documenter sur le personnage de Daniel Balavoine. J’ai du voir un clip qui circuler sur Facebook et j’étais lancé ! En tout cas, maintenant ce personnage me fascine et je pense déjà acheter une belle collection de vinyles à mon retour…

Ah oui et ce matin, j’ai eu quelques paroles en l’air disant « hey les potos, ce soir je vous propose une séance collective de sport… soyez prêts pour 18h » ! Depuis la flemme m’a envahi l’esprit et j’ai dû mal à me bouger. Ce genre de parole en l’air n’est pas du tout du goût de Marine qui me met un coup de pied aux fesses afin que je tienne mes paroles… J’aurai donc 3 nanas à ma séance : Marine, Emilie et Emma… les 3 mêmes qui ont déjà réalisé une séance la veille. J’aime cette détermination !

Je leur concocte la séance suivante : footing de 5 minutes, histoire de réveiller le corps et ensuite nous attaquons des séries de 4 exercices à faire en 30 secondes avec la même durée de repos ! Je crois que je tape ou ça fait mal ! On me demande déjà combien de de temps il reste… Et Marine,!avec ses talents de négociatrice, arrive à enlever une série… Mais c’est à ce moment qu’un tout autre événement mettra définitivement un terme à notre séance !

En pleine séance quelque peu dérangés par N’Lou

Nous sommes interpellés par un camion de l’armée qui s’est garé à l’entrée du camping. 2 soldats descendent tandis que 2 restent armés au pied du camion. Les soldats descendus sont accueillis par une personne qui entretient le camping pendant l’absence du propriétaire. Nous restons tous là sans un bruit à observer la scène en attendant le retour de Rafael.

Voilà les infos : les militaires voulaient savoir quand nous avions prévu de rentrer, nous les touristes, car le maire de la ville a décidé de fermer ses frontières à toutes personne n’ayant pas Pichilemu comme résidence principale. Le mec du camping à assuré nos arrières en leur disant que nous attendions un vol fin avril et qu’on cherchions un lieu en attendant. Merci mec, mais maintenant que tu as menti pour nous… Va pas falloir qu’on te mette en porte-à-faux.

Ils sont repartis avec ça mais jusqu’à quand ?! Comme vous le savez déjà, l’armée ici ne rigole pas et peuvent donc nous mettre dehors quand ils le voudront. Une mauvaise nouvelle qui s’abat encore sur nous… Je vous avouerai que personnellement je commence à sentir le danger dans ce pays…

Au fond, l’armée déboule

Le conseil des sages en prend un coup au moral

Allez, on est encore tous là ! Et une bonne soirée crêpes nous permettra de nous remobiliser et passer encore un dernier moment avec Margaux et Vincent ! Alex nous a pondu une marmite de pâte à crêpes qu’ils se sont relayés à cuire avec Marine tandis que Margaux assurait le comptage : et de 56 ! Soit 4,5 crêpes par personne. Nickel. Elles étaient divinement bonnes et au coin du feu, ça leur donne encore une meilleure saveur.

Oui oui, une cocote minute de pâte à crêpes 🤤

Top chef camping en action

Alors Margaux, y’en a combien ?

Les goûts de Damien laisse parfois à désirer (oui parfois) : moules, champignons et parmesan !

Cela m’a permis aussi de killer une seconde personne sur notre jeu toujours d’actualité… Le défi était de faire faire le salut de la reine d’Angleterre à Margaux… Avec son départ imminent, cela été une formalité !

La nuit va sans doute être porteuse de conseil. Et nous verrons demain comment nous organiserons la suite du voyage…

Tchao !

[2020-03-24] 1, 2, 3, nous irons au bois… Ah bah non !

Ah y’en a un qui avait la tête qui piquait un peu ce matin au réveil… une bonne douche pour retrouver des idées claires et c’est parti pour le petit-déjeuner après m’avoir réveillée en douceur ! Le soleil est bien présent ce matin et c’est plutôt cool. Ça fait du bien, les jours de pluie seront sans nul doute plus moroses quand ils gagneront du terrain en cette entrée dans l’automne. Eh oui, vous le printemps arrive… Nous on est inversés !

« C’est le petit-déj c’est ça ? »

La matinée se fera en douceur, on a l’impression que les journées filent à mille à l’heure, on ne voit pas le temps passer… On pense pour autant bien à nos familles, nos amis et les autres voyageurs comme nous qui peuvent avoir des conditions plus difficiles de confinement ou de quatorzaine.

Ce matin, Vincent et Meidhi sont retournés au garage afin de finaliser les travaux de la voiture. À ce moment-là, une information est tombée sur le groupe WhatsApp concernant les autres voyageurs dans notre cas : véhiculés et toujours au Chili. En effet, Gautier et sa copine Margaux viennent de se faire « chasser » du camping où ils se trouvaient… dans la même ville que nous. Problématique. Ce serait l’armée elle-même qui interviendrait.

Au retour de Vincent et Meidhi, le « conseil des sages » se réunira de nouveau pour échanger sur cette dernière nouvelle. Dans un premier temps, le contact a été pris avec le gérant du camping pour expliquer la situation de nos deux compatriotes et prendre la température. Le gérant est adorable et a dit qu’il était important de s’entraider dans ce genre de situation. Qu’ils pouvaient bien entendu nous rejoindre en toute discrétion et que si nous étions bien où nous étions, que nous pouvions rester aussi longtemps que possible.

Son camping est tout neuf et isolé, il en a fait très peu de promotion sur internet et la saison étant terminé, il est fermé actuellement. Il nous a demandé d’enlever la plaque à l’entrée du site annonçant « camping » afin que nous soyons plus tranquilles. En effet, lui est rentré sur la capitale et nous fait entièrement confiance. Il a expliqué à un bras droit (Vincent) comment amorcer les pompes, le générateur et toute petite chose dont nous pourrions avoir besoin durant notre séjour ici. De même, certains voisins autour sont des amis à lui et quelqu’un passera régulièrement pour s’assurer que tout va bien et faire un brin de ménage. À nous de bien nous comporter pour que tout se passe bien. Et ça roule super jusque là ! Un bon groupe… et aussi étonnant que cela puisse paraître : sur 10 personnes (je ne compte pas N’Lou) aucun fumeur !

Les nouvelles tombent…

Bon sinon, on n’allait pas rester à se tourner les pouces, aujourd’hui on s’est fait des lasagnes maison et on a testé la béchamel sans beurre ! Eh bien nickel… le repas de midi et de ce soir est assuré, le tout dans notre four Omnia et sur le gaz ! On a la chance d’avoir une gazinière dans le camping en plus ! Au top…

Et c’est parti pour le test béchamel !

Cette boîte de conserve est dans le camion depuis le début des travaux… « en cas de coup dur » ! On l’apprécie 14 mois plus tard…

Préparation en cours !

Prêt pour la cuisson au Omnia : sur le gaz quoi !

C’était un vrai régal !

Enfin, les garçons sont revenus et nous avons pris le temps de tous discuter ensemble avant l’arrivée de Gautier et Margaux qui rejoindront dans l’après-midi notre campement pour deux nuit avant de reprendre un vol retour en France. Ils ont mis une option et verront bien ce qu’ils font. Eux étaient arrivés en Argentine, ont passé la frontière chilienne et se sont retrouvés en quatorzaine immédiatement. Ils avaient loué un van pour 50 jours afin de voyager en Patagonie mais leur périple sera finalement impossible d’où leur décision de rentrer.

Accueil des nouveaux dans la communauté

Bon personne ne se laisse miner… On a eu des bonnes nouvelles par le propriétaire. On va simplement se faire discrets et éviter les sorties. La cueillette des mûres prévue aujourd’hui et reportée sans date ultérieure. Du coup, après une séance de sport girly, on fêtera comme il se doit le départ de Margaux et Vincent qui approche autour du feu avec un immense apéro !

Allez, gainage les filles !

La séance de sport bat son plein avec Émilie et Emma

Selfie de la communauté !

La tablapéro !

Y’en a un qui n’en loupe pas une !

Allumage du feu… oui j’ai les cheveux longs ! (📸 par Chrys)

Au cœur du fogón (📸 par Emma)

La même un peu plus tard (📸 par Chrys)

On sent le love ? (📸 par Chrys)

Oui ? Que se passe-t-il ? (📸 par Chrys)

Meidhi et N’Lou (📸 par Chrys)

Encore beaucoup de love (📸 par Chrys)

La soirée était encore des plus agréables et nous profitons de ces moments posés. Ça passe vite et on ne s’ennuie pas…

Allez au dodo, parce que qu’est-ce qu’on dort quand même !!

[2020-03-23] Mission réapprovisionnement à Koh-Pichilemu !

Jour 4 de notre aventure au campement.

Malgré nos nuits de 10h de sommeil, le réveil se fait en toute tranquillité ! La vitesse de croisière de nos journées va demeurer au ralenti je pense… Cependant quelques « grosses missions » sont au programme aujourd’hui : nos amis d’Aix-en-Provence doivent se rendre chez le notaire pour anticiper la vente de leur van chilien afin de pouvoir rentrer en France.

Quant au reste du campement, il est prévu de se faire une mission ravitaillement dans le supermarché le plus proche à 4 kms du camping. Le ravitaillement se fera à pied (vu que nos véhicules sont tous bien implantés) et avec nos sac à dos de 40 litres chacun. C’est ainsi vers 11h00 qu’Adrien, Emma, Emilie, Meidhi et moi-même partons pour cette mini aventure. Le reste du campement (Marine, N’Lou, Chrys et Alex) restera planqué au camping.

« Allez debout là-dedans, ça pue le phoque ! »

C’est parti pour la cuisson du pain !

Un régal au petit-déjeuner…

« Je vais faire le malade pour pas aller faire les courses »

Nous nous rendons donc au supermarché à travers des pistes en terre que nous avons repéré sur un GPS et qui devrait nous y conduire sans avoir trop de route à longer (mode furtif activé)… Le trajet nous permet de faire encore plus ample connaissance avec chacun des membres de la tribu (c’est mieux que Koh Lanta si vous saviez)… Même si la situation actuelle ne nous permet plus d’avancer dans le voyage, elle a le mérite de nous faire rencontrer des gens ayant la même passion que nous et de prendre le temps de discuter et ne plus vivre à 100 à l’heure.

La « balade » se fait sous le cagnard et nous arrivons finalement assez vite au supermarché. Au premier abord, nous avons l’impression que celui-ci est fermé à cause des grilles qui masquent les entrées… C’est bien notre veine ! Mais finalement non : une entrée est possible par le côté avec un vigile qui « gère le passage ». Ce sera deux par deux et cela se régule en fonction des précédents clients… Par chance, on n’est pas sur les heures de pointe et nous rentrons finalement assez rapidement.

Ça donne l’ambiance..,

Beaucoup de personnes portent des masques : employés comme clients. Je m’attendais à voir un magasin assez vide mais finalement ce ne sera pas le cas. Je réussis à trouver la quasi totalité des éléments de la liste que nous avions dressé avec Marine. Seuls les œufs, en produit de première nécessité, manqueront. Mais aussi les levures pour faire des gâteaux mais la c’était du luxe 😜 ! Quant à la viande hachée, des mimes le permettront de me faire comprendre par le boucher… Dans les éléments vitaux à acheter aussi pour tous les couples : bière et vin afin de maintenir la tradition de nos retrouvailles journalières. Et ça va, ces produits là ne manquaient pas !

25 minutes plus tard, tout le monde était prêt à repartir avec sacs et mains bien remplis ! Je vous assure que les 4 kms du retour n’ont pas été easy !! Chacun devait avoir une quinzaine de kilos sur le dos. Mais les divers sujets de discussion nous ont bien aidé pour passer le temps et oublier ce dur labeur. C’est en 02h15 que nous avons fait cet aller-retour et nous n’en sommes pas peu fiers !

Ah revoilà l’expédition… qu’ont-ils ramené ?

A priori pas de noix de coco, mais du vin et des bières !

Il est temps de déjeuner et Marine nous a concocté une petite salade bien fraîche et pleine de vitamines. Pendant mon absence, elle s’est bien occupée en gérant le blog et surtout en pondant un récapitulatif à la mutuelle de N’Lou sur les problèmes rencontrés ! Elle va les récupérer ses 70 balles j’espère car sinon ça va tourner en carnage… Autant vous dire qu’elle a déjà suspendu les prochains prélèvements. C’est de famille la tête dure Jean-Pierre ?!

Salade fraîche du midi

L’après-midi sera plutôt tranquille et agréable, chacun s’étant retranché dans son espace. De notre côté, ce sera plutôt « lecture / écriture » au programme : livre, blog et réseaux sociaux. Nous avons aussi avec Marine écouté un podcast découvert sur Instagram (@frenchies_autour_du_monde) qui racontait l’aventure d’un sportif habitué aux courses à pied de 10 kms qui s’est retrouvé invité à participer au semi-marathon des sables dans le désert péruvien ! Et il a relevé le défi de courir 120 kms dans du sable en 4 jours. Une belle expérience, très bien racontée : autant dire que ça donne des idées…

Le livre des copains lavallois…

Il écoutait le podcast, promis il n’était pas nu !

Après quelques échanges avec des membres du groupe, nous décidons d’anticiper notre retour, si besoin en était, en prenant différents contacts autour de nous :

1/ pour le stockage du van

2/ une adresse de vétérinaire pour Loulou

3/ une adresse de petshop pour l’achat d’une cage de transport (la nôtre étant restée en Guyane…)

4/ contacter Air France pour s’assurer que le chien pourrait voyager avec nous

5/ contacter les douanes pour savoir comment prolonger l’autorisation d’importation temporaire du camion

Organiser ce plan B nous permettra de quitter le Chili rapidement si nous décidions de prendre nos billets retour. On vous confirme que l’envie n’est pas là et engendra beaucoup de dépenses si cela se passait ainsi car nous devrions forcément revenir chercher le van une fois la pandémie éradiquée. Les prochains jours seront donc d’être décisifs sur la suite de l’aventure… Il faut dire que l’ambassade nous envoie des messages incitant fortement au retour mais ne nous conseille guère sur nos situations hors norme avec van et chien.

Tandis que je me changerai les idées avec une petite partie de cartes au sein du camp, Marine gérera ces démarches en prenant notamment contact avec Valentina, la chilienne que nous avions rencontré à Rio. Elle donnera les contacts de son véto et du petshop et nous débusquera des idées de parking longue date et sécurisée proches de l’aéroport. Quant à la nana du consulat, elle nous rencardera sur la démarche auprès des douanes. C’était appréciable de pouvoir compter sur leurs aides à toutes les deux.

Après cela, nous nous organiserons une soirée pizza maison tous ensemble à l’initiative de Chrys et Alex. Avec de la pâte fraîche réalisée ce matin par leur soin tandis que chacun apportera de quoi agrémenter les 6 pizzas (on dit pizze normalement au pluriel hein) autour du feu ! Une soirée très agréable et bien arrosée qui détend tous les membre de la communauté.

20h30, pile poil pour la première tournée, reviennent Margaux et Vincent du garage avec un van presque réparé et aussi en main, un vol retour pour le 27 mars. Ce seront les premiers de nos amis voyageurs à rentrer en France. Pour les moments, les 3 autres couples avec qui nous sommes sont bien décidés à rester sur le territoire si nous n’en sommes pas chassés !

A la préparation des pizzas ! (📸 par Adrien)

Quand c’est fini, on en relance une ! (📸 par Emilie)

Faire le beau pour de la pizza, no problem (📸 par Emilie)

Emilie, Emma et N’Lou

Alex, Meidhi, Chrys et Emilie

Emma, Adrien et Damien

Margaux, Vincent, Alex et Meidhi

À demain pour la suite de notre auto-isolement !

[2020-03-22] Le campement s’organise à Pichilemu

Jour 3 de notre aventure au campement.

Comme chaque matin, chaque équipage se réveille tranquillement et vaque à ses occupations personnelles. C’est marrant mais sans concertation aucune, les choses semblent s’être ainsi organisées. Chacun fait sa petite tambouille dans la matinée et les activités de groupe ont davantage lieu l’après-midi.

De notre côté, ce sera un petit-déjeuner et dans la foulée la lessive. J’ai bien tenté d’y échapper en proposant à Damien de passer direct au repas du midi, mais il m’a fait comprendre que mon riz champignons poulet ne l’inspirait guère à 09h38. Shit ! Va falloir s’y coller alors…

Ambiance petit-déjeuner

Nous voilà donc pour ne pas nous dégonfler à plonger nos jeans, nos pulls, nos tee-shirts et nos sous-vêtements dans l’eau… maintenant que tout est mouillé, difficile de procrastiner ! Pour ma part j’ai mon jean qui fait la tronche après avoir croisé le beurre qui avait en courses fondu sur le poulet chaud (quoi, keskiya ?!)… Quand à Damien qui se concentre sur les paires de chaussettes, il pense bien fort aux grand-mères qui faisaient cela au quotidien !

Allez, c’est fait. En moins d’une heure, quatre mains et la lessive home-made venue tout droit de la maison (merci Manue pour la recette), on peut étendre fièrement notre linge pour un séchage au soleil ! Quel bonheur cette autosuffisance. Une chose est sûre, si ça continue dans ce sens là, le budget Chili sera vachement amoindri en l’absence d’essence, visite, lessives et douches à régler ! On sera uniquement sur de la bouffe et de l’hébergement !

Plus moyen de faire demi tour

Comme les grands-mères à l’époque

Étendage du linge au soleil

Et après ça j’ai enfin le droit de cuisiner le repas du midi ! Vous l’avez compris : riz avec poulet et champignons à la crème… Bientôt vous en aurez marre de connaître nos menus journaliers mais si on partage pas cette info de contenu de nos assiettes, les journées vont être courtes à raconter… et plus c’est long et moins y’a de chances que ma grand-mère décide d’aller se promener jusqu’à la plage ! Hein mamie chérie ?

Repas du midi

Quant à l’après-midi : 2 ambiances ! Damien s’est joint au groupe parti explorer à nouveau les alentours avec comme destination une lagune aujourd’hui. Il a embarqué N’Lou avec lui pour la promenade. De mon côté, j’étais partie sur rester au camp pour rédiger (enfin) la fin de mon bilan brésilien… mais je me suis égarée en préparant une pâte à pain, en faisant un peu de vaisselle et rangement et… « ouaf ouaf »… Bah N’Lou qu’est-ce que tu fais là ?!

Je vois Damien arriver un peu vexé « Il m’a fait une Rio, il voulait plus avancer mais repartir en arrière, du coup je suis rentrée ». Il est accompagné de Margaux qui était contente de trouver un échappatoire à la balade pour rentrer se poser un peu. Bon bah du coup, vous comprendrez bien qu’en une heure de temps j’ai pas fait mon compte-rendu ! Tant pis ce sera pour une prochaine fois… On a du temps libre devant nous normalement, et pourtant les journées passent terriblement vite (désolée pour ceux qui subissent ce repos imposé).

La randonnée et les joyeux lurons

Ça y est voici la lagune

Laguna del perro

Quant au reste de l’après-midi, Damien se mettra à nouveau du temps à profit pour une séance de sport corde à sauter tandis que je m’essayerai à un jeu de cartes avec Emma, Emilie, Meidhi et Adrien. Quant à N’Lou il boude car sa copine est parti avec le proprio ce matin, après que nous ayons tous payé une semaine d’avance pour notre camping. A hauteur de 55000 pesos par couple la semaine, on va dire que l’on s’en sort très très bien (environ 61€ la semaine).

Pause détente (qualité pourrie désolée) des deux loustics

Quant à la soirée, ce sera une rebelote d’apéro et de rassemblement autour du feu. La chaleur fait du bien et les discussions vont à nouveau bon train ! Ce soir ce sera pâtes et poulet pour nous, ah oui, le poulet il était gros et il va revenir dans nos assiettes à plusieurs reprises 😜

Et nous irons finalement nous coucher avec un épisode qui fait peur d’une série islandaise Netflix ! Bon c’est pas super bien joué, mais on veut savoir la fin maintenant…

[2020-03-21] Mission exploration des environs à Pichilemu

Pour notre premier jour “d’auto-confinement”, nous nous levons sur les coups de 09h30 après une nuit très calme. Cette bonne nuit de sommeil m’a permis de recharger les batterie et évacuer tout le stress accumulé ces derniers jours avec cette course au lieu sûr. Bon la nuit n’a pas pour autant fait disparaître cette fichue épidémie, mais j’ai les idées claires pour la journée…

Tout le campement se réveille tranquillement… Je prends mon petit déjeuner tandis que Marine qui traînait au lit répond à un appel. Ce sont ses frères qui ont organisé un appel vidéo avec ses grand-parents. Tout le monde avait une mine éclatante malgré les 5 jours de confinement… Chacun raconte sa nouvelle organisation. Les 2 frangins, par leur métier arrivent à faire du télétravail tandis que la mamie de Marine a du mal à tenir en place et avoue être sortie faire ses courses en vélo. Ce qui n’est pas pour plaire aux petits-enfants !

L’appel côté Marine

Après une bonne dizaine de minutes de discussion, nous raccrochons… Et la faim se fait sentir car nous n’avons pas mangé depuis hier après-midi. Marine a une envie de crêpes et rien ne l’empêchera d’en manger ! Elle nous pond donc une pâte en 2/2 mais… c’est au tour de mes parents qui m’appellent, ce qui contrarie les plans de Marine ! Eux aussi ont besoin d’avoir de nos nouvelles…

C’est l’occasion de leur raconter la situation actuelle et de les rassurer en expliquant que nous sommes en sécurité là où nous sommes. La magie d’internet (qui a du bon et du mauvais notamment par la vitesse des infos) fait que nous avons pu aussi connecter à l’appel ma soeur encore à la maternité et mon frère bien confiné ! Nous pouvons aussi apercevoir le nouveau bébé de la famille : la petite Juliette, elle est « so cute » !Dans ma famille, tout va bien et je suis ravi que nos proches vivent cette situation sans trop de stress.

L’appel côté Damien

Plus personne ne peut nous appeler, c’est donc l’heure de la crêpe party ! Au menu : crêpes salées au jambon de parmenavec oeuf et parmesan (x2) et ensuite crêpe au sucre au à la dulce de leche… Cette spécialité est plus connue en France sous le nom de confiture de lait, le caramel façon Argentine !

Allez c’est parti pour les crêpes !

« Et une complète pour l’emplacement 7 ! »

N’Loeuf de Pâques !

Depuis, au sein de notre petite communauté, chacun s’adonne à son occupation… Certains se lancent dans la lessive à la main, d’autres à de la mécanique… Meidhi et Emilie venaient tout juste d’arriver au Chili et avaient acheté directement un 4X4 avec des travaux à faire. C’est donc ni une ni deux que la voiture se retrouve sur cales pour les changements de pièces défectueuses. Eh oui, Meidhi est mécano en France, ça aide !

Visite camping : les sanitaires

Visite camping : notre zone feu de camp

Finalement, vers 14h00, une partie de la bande dont nous faisons partie, décide de partir faire un tour des environs et voir l’océan. La balade risque d’être longue car nous avons déjà 4 kms pour atteindre la côte. Cette sortie a aussi pour but de découvrir les chemins pour les futurs footings… qui seront organisés dans les jours à venir pour nous maintenir en forme. En tout cas, pour le moment, la volonté est là ! 

Nous découvrons donc à cette occasion la Punta de Lobos, un superbe spot, où nous observons les surfeurs. D’ailleurs, certains au bord de la plage, portent un masque de circonstance ! Nous serons finalement partis durant 3 heures pour 10,3 kms au compteur. Nous nous étonnons tous d’avoir mal aux jambes, dû sans doute à la partie de la randonnée dans le sable. Ce n’est pas pour autant que je me démonte et j’entame une séance de sport au camping durant 20 minutes pour vraiment mériter ma douche.

On est pas sûrs d’avoir pris le chemin réglementaire

Les cactus poussent bien ici !

Nous voilà sur l’océan

Vous avez reconnu mon dessin ?

Surfers et baignade

Damien, Emma, Adrien et Alex

Punta de los Lobos

Avec vue sur l’océan

Séance de sport avec la tempête N’Lou

Et moment détente hamac

Mais à 18h00, les bonne vieilles habitudes a la française nous rapprochent tous autour d’un apéro. Chacun sort ses stocks de bière, vin et chips afin de partager un moment convivial sur l’une des terrasses en hauteur. L’occasion de mieux faire connaissance et d’apprécier le soleil couchant. C’est le moment choisi aussi pour les apprenties photographes de prendre de magnifiques clichés.

C’est l’heure de l’apéro : Margaux, Vincent et Meidhi

Et oui y’a des coins repas sur les toits : Alex, N’Lou, Damien, Adrien et Emma

Chrys opère dans la photo

Et voici la joyeuse bande de campeurs

Margaux, Vincent et Emilie (📸 par Chrys)

Coucher de soleil sur le camp (📸 par Chrys)

Margaux (📸 par Chrys)

Vincent (📸 par Chrys)

Alex (📸 par Chrys)

N’Lou (📸 par Chrys)

Marine s’attèlera ensuite à l’allumage d’un feu de camp afin de tous nous retrouver au chaud pour diner avec nos repas respectifs. Une chose est sûre, nous avons une bande de campeurs d’enfer et pour les jours à venir, nous sentons déjà que l’on pourra compter les uns sur les autres dans ces moments si particuliers.

Allumage du feu… première tentative

Emma et Adrien (📸 par Chrys)

Marine et N’Lou (📸 par Chrys)

Le feu… la douceur de la nuit et la chaleur de la flamme

Emilie et Margaux

See you soon !!

[2020-03-20] Campons-nous à Pichilemu pour l’automne

Ma nuit fut courte car hier soir après notre repas, j’avais entamé les démarches pour rechercher un logement et j’étais notamment en relation avec des copains instagrameurs qui nous manifestaient tout leur soutien pour nous apporter de l’aide en nous proposant de nous mettre en relation avec des connaissances à eux ou encore pour nous donner des bons plans de lieux de chute dans la nature. Quand je disais que cette communauté était bienveillante…

Puis bah je me suis fait rattraper par la patrouille Damien à 01h19, qui a checké l’heure et m’a dit que j’abusais… Forcément il était content de lui au réveil ce matin avec son “t’avais qu’à pas te coucher si tard” ! Bref… On se décide à bouger car la station est bruyante et poussiéreuse alors on va se rapprocher de l’océan.

Direction l’océan pacifique

Le temps varie rapidement : la bruine tombe

Finalement, les premières recherches d’hier portent leur fruit… Nous nous étions inscrits sur le site “sosuntoit.fr” mis en place par le ministère des affaires étrangères et au réveil nous avions un e-mail nous proposant plusieurs contacts potentiels prêts à nous accueillir : des français expatriés. On envoie 4 demandes et rapidement Héloise nous rappelle. Elle travaille au consulat et veut en savoir plus sur notre cas.

Elle nous explique que le Chili n’a pour le moment pas défini de mesures de confinement et que contrairement à l’Argentine, l’économie étant ultra libérale et dictée par les entreprises ici au Chili, les décisions peuvent prendre beaucoup de temps. Du coup elle nous a dit qu’il était important de nous faire connaître via le formulaire en ligne et de bien expliquer notre situation (chien, van, pas de retour en France). Elle nous conseille aussi de rester plutôt sur la côte et d’éviter les grandes villes où les cas sont actuellement recensés.

Dans la foulée, c’est Chrys qui nous rappelle et qui nous informe que le camping où ils sont c’est KO. Les problèmes de voisinage sont trop importants, ils ne peuvent pas rester là-bas. Par contre avec Vincent, Margaux et un autre couple rejoint hier soir (Meidhi et Emilie), ils ont trouvé un nouveau camping plus au nord dans la ville de Pichilemu. La même que celle conseillée par Héloise et par une instagrameuse ayant voyagé ici en van récemment. Il y a peu de place dans le camping mais ils nous ont comptabilisés dans l’attente de notre décision.

Allez, on ne va pas tergiverser trop longtemps, on va suivre le mouvement. Mais avant qu’ils ne nous rejoignent, on apprend une super nouvelle qui nous redonne la pêche ! Ça y est… Damien est tonton d’une petite Juliette. Les parents et la petite puce se portent très bien et on a pu voir tout ce petit monde par visio ce matin. Génial !

Dans la foulée, on retrouve les 3 autres véhicules ! Tandis que Vincent et Margaux partent en éclaireurs vers le camping, nous irons nous autres faire quelques courses pour un peu plus de réserves si on est amenés à rester “cloîtrés” dans un camping sur la durée ! Et c’est pas fun ! La queue s’étend à l’extérieur et ils laissent rentrer les gens 15 par 15 à intervalles réguliers. Malgré ça, y’a pas de réel équilibre entre ceux qui sortent et ceux qui rentrent !

Autant dire, que c’est pas la joie à l’intérieur… Être loin des gens, mais faire ses courses et sans céder à la psychose générale. Savoir que prendre, de quoi on aura envie et besoin pour les jours à venir… Pas facile de juger ! Mais bon. Je m’en sors et quand je vois des gens avec un nourrisson ou ceux venus en famille acheter un balai… Je me dis que le genre humain peut être vraiment stupide !

Suite à ça, on prendra la route vers le nord chacun à son rythme car il fallait libérer les places de parking rapidement au supermarché. Sur la route, on aura droit à un contrôle sanitaire “nom ?”, “vous venez d’où ?”, “vous allez où?”, “quelles sont les mesures de prévention pour lutter contre l’épidémie ?”… On a passé le test avec brio alors on a eu le droit à un autocollant sur le pare-brise pour éviter d’être contrôlés à nouveau plus loin sur la route…

A priori il va falloir répondre à des questions

Poste de contrôle sanitaire à la chilienne

Finalement, après avoir subi encore une dizaine de kilomètres de ripio, gravi des sommets et dévale de raides descentes, traversé des salines, nous parviendrons au camping vers 16h30. Tous les autres sont déjà sur place. Le propriétaire semble adorable et déjà nous indiqué avec notre « petit » van, que nous pourrons occuper une place de tente près de Margaux et Vincent. Pour cela il nous démonte une clôture, déplace quelques pierres de déco et nous guide afin de nous installer au mieux.

Arrivée sur les salines…

N’Lou est curieux tandis que Damien est crevé !

Nous voilà en pleine installation de notre campement de base

Après échange, il se débrouillera pour faire descendre les autres camions auprès de nous et ira pour cela dénicher planches, bastaings et cales pour mettre tout le monde à niveau ! Les hommes sont bien entendu mis à contribution pour aider à l’organisation. On est ravis… Ce camping devait fermer pour la période hivernale mais après échange avec Margaux ce matin, le propriétaire a accepté de le laisser ouvert et fait tout afin que nous nous sentions bien !

Mais que se passe-t-il là-bas ?

Eh les gars, on avait pas parlé de refaire le camping !

On va poser ça là ! (📸 par Alex)

Et maintenant monter un camion là-dessus pour le stabiliser ! (📸 par Alex)

C’est génial car un autre échec aurait été un coup dur pour le moral de tous. À la joyeuse bande déjà présentée, Emma et Adrien nous ont rejoint afin de passer les prochains jours de « confinement » que nous nous sommes autoproclamés. Eux viennent d’arriver au Chili et de récupérer leur van. Nous serons donc 10 français pour les prochains jours… dans un endroit plutôt spacieux, où même N’Lou s’est trouvé une pote en la chienne Stacy du propriétaire… Quant aux commodités on ne peut pas se plaindre : c’est propre et tout neuf. Le camping ayant ouvert en septembre…

La soirée se poursuit rapidement autour d’un grand feu de camp où tout le monde apprend à faire connaissance et commence à refaire le monde. Finalement, chacun aura sa touche à apporter à la communauté ! On va en faire des choses dans les semaines à venir… En tout cas pour le moment, ça me fait davantage penser à mes souvenirs de colo qu’au vilain virus qui nous a tous rassemblés ici, il faut être honnête !

Damien se lance dans la réalisation du feu

Jeu d’équilibre : la planche américaine

Ça commence à prendre forme…

Quand je parlais d’ambiance colonie de vacances…

Fatigués, on rejoindra le camion pour un gros dodo sans forcément dîner, en grignotant uniquement quelques biscuits et céréales avant de sombrer pour une bonne nuit de sommeil dans ce lieu très très calme !

On va être bien ici, je le sens !

[2020-03-19] On the road again, again, again…

Le chien aboie, ça frappe à la porte ! Il est tôt pourtant… Rien à craindre, ça doit être les copains qui ont des nouvelles à nous donner ! Effectivement c’est Chrystelle qui a trouvé un plan camping plus au nord, pour avoir bien plus chaud si nous sommes confinés quelques temps. Le truc (ce serait pas drôle sinon) c’est que nous avons environ 850 kms à parcourir pour l’atteindre.

Le petit-déjeuner doit donc être rapide si nous ne voulons pas arriver trop tard ce soir… Pendant ce temps là, le flux d’informations sur les “français au Chili” continue d’évoluer ! Beaucoup de français tentent de rentrer à tort ou à raison et chacun partage le peu d’informations trouvées ici et là sur les réseaux sociaux.

Rapidement, les 3 vans sont parés à partir sur les coup de 09h30 et nous quittons le camping… et avec lui, la Patagonie pour le coup 😢 sans avoir eu l’occasion de passer une dernière journée à savourer cette région que nous avions tant aimée. Il y avait tant de choses à faire et à voir…

Allez, c’est parti pour la journée de route

Pour le moment c’est détente totale !

Nous nous installons en-tête du convoi mais rapidement nous changerons l’ordre car nous sommes un peu trop rapides avec notre petit camion puissant. Nous passerons donc comme voiture balai du peloton ! La route est belle et ce n’est pas un luxe pour les 10h de route qui nous séparent du point de chute. D’ailleurs, nous passons plusieurs péages où nous réglons les 2600 pesos (3€) de passage à chaque fois. Ceux-là matérialisent les changements de région.

C’est d’ailleurs à ces passages de frontières que nous ne louions pas la procédure d’hygiène en nous inhibant les mains de gel hydro alcoolique pour éviter toute transmission de virus par le passage de monnaie… On est rodés et aucun de nous ne l’oublie. C’est devenu un réflexe. On est contents d’avoir notre bouteille de France (merci Action) !

Le ripio n’étant pas de la partie cette fois-ci, on se remet à nos bonnes habitudes en accompagnant notre route avec notre livre audio. Depuis quelques temps nous avons changé de registre en écoutant le roman « L’épée de vérité » de Terry Goodkind, un roman fantastique qui a illuminé la jeunesse de Marine et qui nous tiendra au total 32h en haleine !

C’est sur les coups de 14h que nous nous arrêtons sur une station pour refaire le plein en carburant mais aussi en énergie : sandwich et salade feront l’affaire avant de repartir… La patience de N’Lou a ses limites et il commence à ne plus tenir en place et fait de nombreux allers retours entre l’avant et l’arrière du camion. Le chien subit énormément la situation et on s’occupe trop peu de lui pour subvenir à ses besoin de chien hyperactif…

Ça fait un peu food truck !

La salade qui redonne l’énergie !

Pas de pause superflue ! On fait tout en roulant

L’ancien viaduc de Chillán

L’ETA pour l’arrivée au camping est a présent donnée à 21h00. Nous arriverons donc de nuit… Nous ferons quelques stops dans l’aprèm notamment quand le camion de Vincent et Margaux commence à bien chauffer et demande une petite pause.

Here we are Los Angeles

Check des niveaux d’huile !